« Charlottesville : Race and Terror », le documentaire de Vice News entre suprémacistes blancs et manifestants anti-racistes

Vice News Today a diffusé un documentaire sur les suprémacistes américains et les leaders de « Unite the Right » sur la chaîne HBO, lundi dernier. Un reportage choc vu par plus de 30 millions de personnes sur Facebook et plus de 4 millions sur Youtube.

Capture d’écran Youtube

Pendant 22 minutes, la journaliste Elle Reeve suit les membres de la alt-right (droite alternative) et les organisateurs du rassemblement « Unite the Right ». Notamment Christopher Cantwell, porte-parole de l’événement, Robert Ray, à l’origine du site The Daily Stormer (site web néonazis d’actualité et d’opinion), et David Duke, ancien leader du Ku Kux Klan.

Le documentaire commence sur la soirée du vendredi 11 août, à l’Université de Virginie. Munis de torches et de drapeaux, les militants d’extrême droite entonnent « Jews will not replace us » (les juifs ne nous remplaceront pas). Face à eux, se trouvent des manifestants anti-racistes. Ils crient « No nazis, no KKK, no fascist USA ! ». Les mouvements Black Lives Matter et White Lives Matter s’affrontent. Certaines personnes finissent même attaquées au gaz lacrymogène.

Vendredi, 13h30. Au milieu de McIntire Park, le fondateur de l’Agenda Radical (web émission fasciste) Christopher Cantwell exige un président « plus raciste » que Donald Trump qui « donne sa fille à un juif ». Il souhaite renforcer les rangs des suprémacistes à l’instar de l’extrême gauche, avec camaraderie et confiance.

Le lendemain, les affrontements s’intensifient à Emancipation Park. Les fervents de la droite alternative sont équipés de casques et de boucliers. La violence éclate. Christopher Cantwell reçoit du gaz poivré pour la seconde fois en deux jours. Pour lui, c’est la faute « des communistes ». Selon Matthew Heimbach, nationaliste blanc, « Unite the Right » est « la plus large manifestation nationaliste de ces vingt dernières années aux États-Unis ».

Jusqu’à présent, les membres de la suprématie blanche se cantonnaient à Internet. Désormais, ils démontrent leur force et leur nombre dans les rues de Charlottesville. Vers 13h40, James Fields fonce sur la foule de manifestants pacifistes. La journaliste Elle Reeve se trouve, elle aussi, en état de choc.

Capture d’écran Youtube

Le jour d’après, place au recueillement et au deuil à l’Université de Virginie. Des fleurs à la main, les activistes présents écoutent le discours anti-raciste de Tanesha Hudson. Selon la jeune femme, la déclaration du président est « insensée » : « ce genre d’attaque est une constante pour les afro-américains (…) c’est la réalité de Charlottesville ».

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Plus tôt dans la journée, l’organisateur de « Unite the Right », Jason Kessler, donne une conférence de presse à la mairie de la ville. Une allocution durant laquelle il est accueilli par un nombre incalculable de « Shame ! » (honte !) et où il est poussé par la foule.

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Au soir, Elle Reeve rencontre Christopher Cantwell – qui dira avoir peur pour sa vie, en larmes, dans une vidéo le 16 août – dans sa chambre d’hôtel. Le militant possède une petite artillerie entre kalachnikov, pistolets et couteau. « Le fait que personne ne soit mort de notre côté, c’est un bon point, explique-t-il à la journaliste, je pense que beaucoup de gens vont mourir avant qu’on ait fini ici ».

Marie Boetti

Source Photo : Youtube

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