Donald Trump supprime le remboursement de la pilule pour des millions de femmes aux Etats-Unis

Le président américain est enfin venu à bout de l’Obamacare, le vendredi 6 octobre. Après s’être attaqué à l’IVG, Donald Trump s’est tourné vers le remboursement de la pilule contraceptive par l’entreprise ou une compagnie d’assurance privée. Pourquoi ? Pour pouvoir respecter les valeurs religieuses ou morales de ces derniers.

© Glamour Paris

Chose promise, chose due : les employées aux États-Unis auront du mal à se procurer la pilule ! La semaine dernière, Donald Trump et son administration ont annulé la loi du plan Obamacare (2010) concernant le remboursement du moyen contraceptif le plus efficace contre une grossesse non désirée. Une décision annoncée depuis juin dernier. Ainsi, les entreprises avec couverture sociale peuvent refuser de prendre en charge la pilule de ses salariées. Même schéma pour les compagnies d’assurance privées.

« En gros, si vous ne voulez pas fournir une couverture pour cela, vous ne le faites pas » selon Tim Jost, professeur de lois à l’université de Washington (Vox). Mais, d’après la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, c’est une histoire de religion : « le président estime que la liberté de pratiquer sa foi est un droit fondamental dans ce pays et c’est ce dont il s’agit aujourd’hui ».

120 000 femmes sont concernées, selon l’administration Trump. Pourtant, l’année dernière, une étude officielle relevait plus de 55 millions de femmes ayant droit à des mesures gratuites de contraception. Si la pilule réduit les chances d’une grossesse non planifiée, elle sert aussi à réguler les poussées d’acné, les symptômes lors des menstruations, l’Endométriose, les kystes et les migraines.

Le cas Trump et les réactions en chaîne : « Ce n’est rien de moins que du sexisme »

Immédiatement, l’Union américaine pour les libertés civiles s’est opposée au nouveau dispositif, qualifiant Donald Trump de « sexiste ». L’ACLU a exprimé son mécontentement sur Twitter et promet de le poursuivre en justice.

Entre le Planning familial et les associations de défense des droits des femmes, cette restriction pose problème. Le Planned Parenthood, en anglais, a fait entendre sa colère sur Twitter : « ne vous y trompez pas, cibler l’accès de 62,4 millions de femmes à la contraception montre le mépris de l’administration Trump pour la santé et la vie des femmes ». Pour le président du Congrès américain des obstétriciens et des gynécologues, Haywood L. Brown, « réduire l’accès à la contraception menace de saper les immenses progrès accomplis » par les États-Unis en matière de grossesses non désirées.

Même certaines personnalités y ont mis de leur sien. Bernie Sanders, ancien candidat aux élections démocrates, considère que « ce n’est rien de moins que du sexisme ». Selon sa consœur, Hillary Clinton, cela revient à mépriser « la science, la médecine et les droits des femmes ».

L’actrice Kerry Washington a, quant à elle, fait le parallèle avec le contrôle des armes – un débat réanimé par la fusillade de Las Vegas, le dimanche 1er octobre.

Marie Boetti

Source Photo : CNN.com

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