François Bayrou renvoyé au tribunal pour un procès en diffamation

Le tout nouveau ministre de la Justice est déjà confronté aux juges. Visé depuis 2015 par une plainte en diffamation, François Bayrou a reçu la date de son procès devant la 17e chambre correctionnelle de Paris. Il aura lieu le 10 janvier 2019.

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« M.Bayrou sera présent » a indiqué son avocat Mario Stasi. En effet, François Bayrou actuel garde des sceaux, ne s’est pas présenté à l’audience tenue ce vendredi pour fixer la date de son procès. Une affaire secondaire, mais dont le calendrier tombe au plus mal. Six jours après sa nomination, le ministre de la justice est déjà renvoyé en correctionnelle ! De plus, si il occupe encore cette fonction à la date de son procès, il sera face à un procureur sur lequel il aura un pouvoir de nomination. Un petit problème éthique qui risque de poser quelques questions.

Pourquoi ce procès ? 

Le 28 septembre 2015, lors d’une assemblée du conseil communautaire de Pau-Pyrénées, présidée par François Bayrou, à ce moment-là maire de Pau, celui-ci aurait fait une déclaration diffamatoire à l’encontre d’une association d’aide aux enfants en difficulté. L’association avait demandé à la municipalité de leur prêter deux bus pour un projet d’insertion sociale, dont le but était d’apprendre la musique en orchestre et le chant aux enfants. François Bayrou, en réponse à cette demande, aurait déclaré : « Vouloir se faire de l’argent sur une expérience artistique, qui tient à la musique et aux enfants des milieux qui n’y ont pas accès, je trouve ça tellement énorme et scandaleux que je ne comprends même pas ceux qui essaient ainsi de nous obliger à participer à leur enrichissement». 

Suite à ces propos, l’association, nommée El Sistema, a déposé plainte pour diffamation publique, dénonçant l’atteinte portée à l’intégrité de leur cause. François Bayrou est mis en examen le 30 novembre 2016 suite à l’instruction ouverte pour cette affaire.

Des propos maintenus 

« Quand nous avons découvert qu’on voulait nous faire signer l’engagement de reverser à ces gens 8 à 15 % de tous les fonds publics et privés collectés pour l’orchestre d’enfants, nous nous sommes gendarmés. Je l’ai dit et je ne retire pas un mot de ce que j’ai dit » aurait maintenu le président du MoDem lors de sa mise en examen. Il aurait même lui-aussi porté plainte pour « dénonciation calomnieuse » en février 2017.

Crédit photo : libération.fr

Audrey Bernard (20 mai 2017)

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