Interdiction de la production de fourrure animale : la France est en retard sur ses voisins européens

De nombreux pays de l’Union européenne ont déjà décidé de faire disparaitre les fermes à fourrure. De son côté, la France compte encore 11 élevages de visons et une vingtaine pour les lapins, selon le Centre national d’information sur la fourrure.

L’Union européenne représente 70 % de la production mondiale de fourrure de vison et 63 % de la production de fourrure de renard selon la Fondation Brigitte Bardot. © Shutterstock

Il n’y a pas que dans l’industrie alimentaire que les animaux sont victimes de maltraitance. Gazage, électrocution, épilation à vif, enfermement à vie… La production de fourrure cache aussi son lot d’horreur.

Mais alors que dit la loi française ? Excepté la directive de l’Union Européenne en 2007 interdisant la fabrication et la vente de peau de chat et de chien, pas grand chose. En 2013, une poignée de députés ont proposé devant l’Assemblée une loi pour stopper l’ouverture de nouveaux élevages et taxer l’achat de la fourrure animale. La proposition est restée en suspend avant de tomber dans l’ignorance générale. Pire encore : l’élevage de visons d’Emagny dans le Doubs a reçu un avis favorable en juillet dernier pour s’agrandir. Selon France 3, « 18 200 visons pourraient donc s’installer dans ce petit village des bords de l’Ognon ».

Les pays qui ont dit non à la production de fourrure animale

La Suède est un des premiers pays à avoir pris cette décision. En 1995, le gouvernement renforce les réglementations concernant les élevages de renards, si bien qu’en 2001, ils auront tous disparu du paysage. Des années plus tard en 2013, les dernières exploitations de chinchillas ferment à leur tour pour tourner définitivement la page de cette industrie dans le pays. La Grande-Bretagne et l’Autriche ont aussi rendu l’activité illicite depuis le début des années 2000.

La cruauté de l’industrie de la fourrure animale est telle que certains pays ont choisi de l’interdir avant même qu’elle n’apparaisse ! C’est le cas de la Macédoine. Et oui, même si le pays n’a jamais utilisé d’animaux pour leur peau, il anticipe en 2014 et acte dans un texte symbolique l’interdiction des fermes à fourrure.

En 2017, ce sont les dernières exploitations de Croatie qui ont mis la clé sous la porte, suivant l’exemple de la Wallonie en Belgique en 2016.

La Suisse remporte la palme du pays qui a su le mieux lutter contre la production de fourrure animale sans l’interdir directement : sa règlementation sévère a fait disparaitre les élevages un par un. Aujourd’hui, le Parti suisse pour les animaux s’attaque à cette industrie au-delà de ses frontières en réclamant le bannissement de l’importation de la fourrure.

Les pays sur la voie de l’interdiction…

Cet été, le Parlement de la République tchèque a approuvé un texte pour interdir « d’élever et tuer les animaux exclusivement pour leurs fourrures ». La loi devrait entrer en vigueur en 2019. Grâce à cette mesure, environ 20 000 animaux par an seront sauvés.

Aux Pays-Bas, les élevages de visons ont jusqu’en 2024 pour fermer, de même pour le Danemark, premier producteur de fourrure de renards. Le 18 janvier dernier, la Norvège a décidé de les suivre en prévoyant la disparition de ses 200 fermes à fourrure d’ici 2025. Enfin en mai 2017, le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi allant dans le même sens.

Émilie Moulin

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