Jean-Baptiste Maunier : son tout nouveau visage

À 27 ans, Jean-Baptiste Maunier est aujourd’hui un comédien épanoui, avec de multiples projets sous son bras. Bien loin de l’image du petit garçon qui interprétait Pierre Morhange dans « Les Choristes ».

Jean-Baptiste Maunier, dans la peau de Luc dans « Paprika » ( crédit photo : marcelchrstn)

Direction « le Colibris » pour rencontrer Jean-Baptiste Maunier. Lunettes de soleil, parka kaki et surtout très grand ! Depuis « Les Choristes », le comédien a bien grandi. Un jus d’orange pour le jeune homme, à qui il faut bien des forces pour assurer sur scène. La commande servie, l’interview peut commencer…

Jean-Baptiste Maunier débute le chant très tôt. Une voix qui vous fait voyager. Pourtant, le jeune homme n’en a pas conscience immédiatement. « Je chantais dans tous les spectacles de fin d’année que l’on faisait au primaire et j’aimais bien ça. » Son père, qui faisait autrefois parti d’une chorale, poussera son fil à continuer dans cette voie artistique. « Avant mon entrée au collège, il m’a dit, si tu veux t’amuser, te faire plein de nouveaux potes, voyager et si tu aimes chanter, inscris-toi dans une chorale et tu vivras tout ça, c’est ce que j’ai fait. » Rapidement, le jeune devient soliste ! « Mais, je n’avais pas vraiment conscience de mon pouvoir et de mon  niveau de chanteur à l’époque, je faisais juste ça pour le plaisir. »

Une voix qui lui permettra de décrocher son premier grand rôle au cinéma, celui de Pierre Morhange dans « Les Choristes ». Un rôle que Jean-Baptiste Maunier a du mal à faire oublier.

« Je n’ai pas envie de me prendre la tête »

Une image qui reste aussi avec le public. « J’ai beau faire autre chose on m’assimile toujours à ça donc je crois que je n’y suis toujours pas arrivé ». Si le comédien a essayé de faire oublier cette image, il a aujourd’hui abandonné. Ce n’est plus une priorité pour lui et il continue son chemin. « Je prends les projets que l’on me propose et qui me tiennent à cœur.  Je n’ai pas envie de me prendre la tête à me dire qu’il faut absolument qu’il faut que j’efface cette image de Pierre Morhange. ».

Si dans le monde professionnel, certains le voient toujours comme le gamin des choristes, d’autres, au contraire, ont vu en Jean-Baptiste Maunier un grand potentiel de comédien et l’ont considéré comme un acteur accompli. « Grâce au théâtre et à certains prix et nominations que j’ai eus, j’ai été adoubé par une partie du métier en tant que comédien et ça m’a fait plaisir ».

Si aujourd’hui Jean-Baptiste Maunier se consacre entièrement à la comédie, il avoue que la musique compte toujours pour lui. « Elle est toujours en  moi, j’écoute de la musique tous les jours, je ne peux pas vivre sans. J’ai plus pratiqué le métier de comédien ces dernières années, que le métier de chanteur et de musicien, du coup c’est plus ma carrière de comédien que je mets en priorité. J’ai des projets dans ce domaine et je m’épanouis là dedans, mais la musique est toujours dans un coin de ma tête. »

Être chanteur est devenu un métier difficile. Des artistes par milliers qui doivent imposer leur griffe sur la scène francophone. Mais, un monde que Jean-Baptiste Maunier ne veut pas abandonner : « je verrais si un jour j’en ai le besoin vital ou pas. »

« Luc » dans « Paprika »

Depuis le 29 janvier dernier, l’acteur incarne « Luc » dans la pièce de Pierre Palmade « Paprika ». Une pièce qui raconte  l’histoire d’Eva de Villeneuve (Victoria Abril),  une meneuse de revue dans un cabaret parisien qui aime faire la fête, boire, collectionner les jeunes hommes. Un bon matin, elle se lève avec une gueule de bois et se retrouve face à face avec Luc (Jean-Baptiste Maunier), qui lui dit qu’il est son fils. Prise de panique et ne voulant pas admettre cette vérité, elle va se faire passer pour la femme de ménage et s’appeler Paprika, le temps de décuver et de mêler tous ses amis à son mensonge.

Le comédien, séduit par le rôle de Luc, accepte de participer à « Paprika ». Pour lui, c’est tout d’abord la possibilité de jouer dans une pièce de son ami de longue date, Pierre Palmade. Un projet que l’humoriste lui avait proposé depuis plusieurs années. « Le rôle m’a plus parce que ce n’était pas le rôle le plus drôle de la pièce, mais c’est l’élément qui déclenche toute la pièce. C’est ce côté là : 28 ans mais un peu enfant dans sa manière d’être, de vouloir retrouver sa mère et d’avoir une image d’elle magnifique et un peu rêvée et qui va vite déchanter au final ». Il poursuit : « le fait de pouvoir participer à une comédie de boulevard c’est quelque chose que je n’ai jamais fait au théâtre, c’est ce qui m’a vraiment motivé, mais aussi tous mes compagnons de jeu et notamment Victoria Abril ».

Un sujet difficile mêlé à l’humour

Un rôle bien différent des rôles que Jean-Baptiste Maunier a pu interpréter auparavant. Si on a l’habitude de le voir jouer des personnages nostalgiques, c’est un Jean-Baptiste Maunier qui nous fait rire que l’on retrouve dans « Paprika ». « Je peux être quelqu’un de très drôle dans la vie. En tout cas, c’est ce que mes amis m’ont dit et c’est ce que Palmade a vu quand on participait aux enfoirés. On écrivait des Sketch ensemble et on les jouait ensemble et je crois qu’il aimait mon humour ».

Un rôle qui fait rire, alors que l’acteur interprète un homme abandonné par sa mère. Un registre difficile, mais qui ne fait pas peur à Jean-Baptiste Maunier. « C’est juste le métier de comédien, on te donne un texte et tu dois le jouer le mieux possible. C’est tellement bien écrit qu’il suffit juste de bien jouer les intentions pour que tout passe ».

Un humour qui marche et qui permet aux acteurs d’entendre un public rire sur le malheur des autres… « C’est une comédie, ça a pour but de divertir et de ne pas se poser plein de questions. Ça part d’un sujet dur mais je me rends compte chaque soir que même le malheur des uns fait rire les autres. » Et ce, grâce à un jeu maîtrisé avec succès par des acteurs de qualité !

2018, une année aux multiples projets pour Jean-Baptiste Maunier : une tournée avec « Paprika », des projets pour des séries. « Il y a encore du théâtre pour l’année prochaine, dont une pièce avec Roby Schinasi que l’on est en train de monter pour jouer tous les deux. » Un duo que la rédaction valide à 100%.

Mathilde Dandeu

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