La Corée du Nord enregistre son 6ème essai nucléaire, le plus puissant du pays

En 11 ans, Pyongyang en est à son sixième essai nucléaire. Ce dimanche, Kim Jong-Un a ordonné le lancement d’une bombe hydrogène (bombe H), bien plus puissante qu’une bombe atomique (bombe A), dans la mer du Japon. Une nouvelle provocation selon les États-Unis et la Corée du Sud.

© Le Figaro

Le nouveau missile lancé par la Corée du Nord atteint les équivalents en TNT entre 50 et 120 kilotonnes, soit huit fois la puissance du missile américain d’Hiroshima en 1945. Un record pour Pyongyang qui commence sa campagne nucléaire en 2006. La principale cible reste la côte ouest des États-Unis, en cas d’offensive du Gouvernement américain. Les tests actuels permettent de déterminer la puissance, la portée et la précision de l’ogive.

Immédiatement, Donald Trump a exigé de nouvelles sanctions auprès de l’Onu – que ce soit au niveau du pétrole, du tourisme ou de la diplomatie. Réponse le lundi 11 septembre au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le président américain s’est dit prêt à utiliser la capacité nucléaire de son pays, après un entretien avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe.

Le nouvel essai nucléaire entre réactions communes et accords de coopération

Lors d’un échange téléphonique, les Etats-Unis ont promis la vente de « plusieurs milliards de dollars » d’équipements à la Corée du Sud. Ils se sont aussi accordés sur la suppression de la limite des charges utiles à 500 kilos sur les missiles, votée en 2001. En l’espace de six ans, les Coréens ont acheté 5 milliards de dollars de matériel nucléaire aux Américains, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).

Pour riposter à ce sixième essai, la marine de la Corée du Sud a organisé des tirs réels de missiles. Le bouclier américain terrestre a également été renforcé. Avec le Japon, le pays demande de nouvelles sanctions onusiennes contre la Corée du Nord. D’après le porte-parole de la présidence sud-coréenne Park Su-hyun, « les deux chefs d’État sont d’accord pour coopérer étroitement entre eux et avec les États-Unis et partagent le point de vue selon lequel les sanctions et les pressions les plus fortes doivent s’appliquer à la Corée du Nord ».

La Corée du Nord, une puissance nucléaire officieuse ambitieuse

Depuis les années 1970, la Corée du Nord souhaite s’imposer telle une puissance nucléaire. Selon le Sipri, elle possède désormais une dizaine de têtes nucléaires. Des chiffres qui avoisinent la soixantaine pour l’Agence américaine du renseignement militaire. Pourtant, entre 1985 et 2003, il est membre du traité de non-prolifération nucléaire. Selon le directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Bruno Tertrais, le pays « n’est plus un problème de prolifération mais un problème stratégique (…) il n’existe aucune perspective de dénucléarisation de ce pays à court ou moyen terme ».

La Corée du Nord s’inscrit parmi les puissances nucléaires officieuses, au même niveau que l’Inde, le Pakistan (entre 110 et 130 têtes nucléaires) et Israël (80 têtes nucléaires). Parmi les cinq puissances nucléaires officielles, on retrouve les États-Unis et la Russie. A elles seules, elles détiennent 93% de l’arsenal mondial. Seulement neuf pays armés rassemblent près de 15 000 têtes nucléaires à l’échelle planétaire.

Marie Boetti

Source Photo : France 24

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *