La taxe tampon prend du recul ?

La « taxe tampon » a été supprimée ce mercredi en Australie alors qu’elle était jugée « sexiste » par de nombreux défenseurs des droits des femmes. Mais, le pays n’est pas le premier à s’éloigner de ce type d’impôt…

La taxe appliquée sur les serviettes hygiéniques, les tampons et les coupes menstruelles vit ses derniers instants en Australie. Instaurée depuis 2000, la TVA de 10% sera abolie à partir de janvier 2019. Une décision des gouvernements des États et Territoires qui obtenaient 30 millions de dollar australiens (soit 18,5 millions d’euros) grâce à ce type d’impôt.

Jusqu’à présent, les protections périodiques n’étaient pas considérées comme des produits de première nécessité alors que les règles constituent un réel enjeu pour la santé et l’hygiène féminine. En 2015, une femme nommée Subeta Vimalarajah avait même lancé une pétition qui réunissait plus de 90 000 signatures.

La ministre fédérale des Femmes, Kelly O’Dwyer, s’est dit « heureuse d’annoncer que nous avons réussi, les États et Territoires nous ont rejoint et des millions d’Australiennes vont en bénéficier ».

« Une question de santé publique »

En juillet dernier, c’était au tour de l’Inde de supprimer la TVA de 12% qu’elle imposait sur des produits tels que les tampons. Et ce, uniquement un an après son instauration. Cette suppression représente une véritable avancée pour les femmes de ce pays qui n’ont généralement pas accès à des protections durant leurs règles. Sans oublier le manque d’infrastructures adaptées dans les écoles.

Certains pays ont plutôt opté pour une baisse de cette taxe. En Belgique, elle est d’ailleurs passée de 21% à 6%. Une victoire pour les associations féministes, mais un chiffre qui reste encore beaucoup trop élevé.

En France, la TVA sur les protections périodiques est passée de 20% à 5,5% en 2015. Mais, « le seul impact de la reclassification des protections hygiéniques en produits de première nécessité alors qu’elles étaient considérées comme produits de luxe a été symbolique », déplore Sophie Janinet, membre du collectif Georgette Sand, à Ouest-France. « Il faut prendre conscience que le sujet est une question de santé publique », continue-t-elle.

En revanche, elle explique qu’une « résolution votée en mars 2016 proposait de passer une loi qui aurait permis à tous les pays de l’union (européenne) de choisir de supprimer complètement la TVA sur ces produits ». En avril dernier, la Mutuelle des Etudiants faisait un pas vers les étudiantes les plus démunies en promettant de rembourser l’achat de tampons ou de serviettes hygiéniques. Un remboursement à hauteur de 25 euros par an.

Marie Boetti

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