Levothyrox : Les cas d’effets indésirables graves se multiplient

Depuis deux mois, au moins 1500 cas d’effets indésirables graves ont été enregistrés. À l’origine de ce scandale sanitaire, la nouvelle formule de la molécule pour la thyroïde. 

Les cas d’effets indésirables liés au Levothyrox se multiplient. Chute de cheveux, fatigue, crampes musculaires mais aussi vertiges et troubles du rythme cardiaque : voilà ce qu’est devenu le quotidien de certains patients. Le médicament, destiné à traiter les maladie thyroïdiennes, est au coeur d’une vive polémique depuis quelques semaines.

A l’origine de cette crise, le changement de formule du médicament effectué par le laboratoire allemand Merck Serono il y a cinq mois. Au départ, l’objectif était de garantir une plus grande stabilité de la teneur en substance active d’une hormone thyroïdienne nommée lévothyroxine, durant toute la durée de conservation du médicament. Une mesure louable, qui a débouché sur un énorme fiasco. L’Agence du médicament n’a pas su gérer ce changement de formule, entrainant de nombreux effets indésirables chez les patients.

Le système d’alerte français saturé 

Depuis le changement de formule, une déferlante d’effets indésirables s’est abattue sur les patients. Les centres de pharmacovigilance, qui ont pour but de recueillir les déclarations d’effets indésirables et de les prendre en charge, implosent. « Il y a beaucoup de retard dans la prise en charge des déclarations. En août, nous en avons reçu chacun plusieurs centaines en quelques jours » rapporte un expert d’un centre de pharmacovigilance.

Un scandale qui prend une ampleur inédite : d’après la loi, un centre dispose de 90 jours pour notifier à l’agence des déclarations d’effets indésirables non graves et 15 jours pour les graves. Aujourd’hui, le système est complètement bloqué et les expert santé sont dépassé par la montagne administrative.

Des patients en panique 

Face à cet énorme couac, les patients sont désorientés. Non-informés de ce changement de formule qui n’a fait l’objet d’aucun dispositif de surveillance, ils découvrent avec stupeur l’ampleur des dégâts.

Une pétition a été lancée, signée par près de 190 000 usagers, contre le nouveau Levothyrox. Certains ont de leur côté décidé de poser plainte contre le laboratoire pharmaceutique pour non-information. Coté médical, plusieurs professeurs estiment que rien n’a été fait pour anticiper les risques liés à ce changement de formule et encore moins pour venir en aide aux patients en détresse. « Quand il y a 3 millions de personnes qui prennent un médicament, il est naturel qu’apparaissent des réactions. Encore faut-il se donner les moyens de voir si c’est normal ou pas » a déclaré un professeur de santé publique à Libération.

Source photo : Sud-Ouest

Audrey Bernard

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