Rencontre entre musique et street-art

Jean-Noël Lloze aka Janoz de son nom de DJ, délégué à la culture au Département de l’Aude, pensait devoir arrêter sa musique, ses projets musicaux. Un journaliste, une interview, une question mais aussi une belle rencontre avec Rémy Rajaona aka Méro de son nom de peintre a tout fait basculer… Janoz passionné de musique c’est lancé le défi de créer son propre projet, un vinyle intitulé « Dans ma cité ». Accompagné par son binôme depuis le départ « Dans ma cité » verra le jour en septembre prochain. Presseyes a eu la chance de pouvoir interviewer ces deux artistes.

Remy et Jean-Noël Lloze à la tête du projet « Dans ma cité »

 PressEyes : Vous êtes tous les deux à la tête du projet « Dans ma cité », Janoz le concepteur, et vous Remy son binôme depuis le début de l’aventure à l’aider à avancer. Comment est venue l’idée de ce bel hommage à la musique et au street-art ?

Janoz : Le jour où tout commence est un dimanche matin, comme par hasard j’ai trouvé une banque de son abandonnée dans mon ordi et des presets de boîte à rythme. J’ai commencé à composer trois morceaux dans la journée et en une semaine j’en avais huit. Puis un jour le téléphone sonne Raph Dumas, un dj et producteur. Il m’invite à passer les disques à Perpignan sur une radio qu’il vient de créer. En 2003 j’avais sorti une compilation sur son label Marendadisc. J’ai pris mon ordi, avant l’émission il a écouté les morceaux, il m’a dit que c’était bien, depuis il n’a pas pu m’arrêter je me suis à nouveau incrusté dans sa vie et son studio à Perpignan. En réfléchissant bien, ce projet, ce concept est né il y a bien longtemps … en 1981 un jour d’hiver, de la rencontre accidentelle de ma tête avec une bordure de trottoir, dans mon quartier populaire en construction et d’une convalescence de 1 an à écouter tous les disques jazz de mon père et les radios FM !

Puis j’ai rencontré Rémy, je connaissais son travail et pour moi il était évident qu’il correspondait à tous les codes dont je cherchais pour raconter mon histoire et celle de ces musiques qui ont rythmé le temps et les cités.

 Remy : Au début je ne savais pas trop où Janoz voulait en venir, il était important pour moi que je comprenne avant d’accepter. Mais le jour où j’ai compris ce qu’il voulait pour ce projet je n’ai pas hésité une seconde.

 Janoz : « Dans ma cité » c’est donc un album vinyle, un projet autobiographique mais aussi celui d’une génération qui a vu naître les radios FM, le Hip-Hop, la Techno… Aujourd’hui c’est un an de travail. On a eu tous les fonds nécessaires pour sa création. Fin août l’ensemble du projet sera terminé avec une journée de présentation de l’album. Je veux ensuite continuer « Dans ma cité » sous forme de blog donnant des informations sur le street-art et sur les DJ’S à l’échelle de la région. On veut garder cette partie artistique avec le street-art, les musiques électro et la production de disques. Je veux aussi continuer à proposer des soirées mais plus cadrées et moins dans le projet.

 PressEyes : « Dans ma cité » sera un projet seulement régional ou qui va se développer dans toute la France ?

Janoz : Ce n’est pas fermé, on a eu des propositions mais d’abord on cherche à structurer le projet. Il faut qu’on trouve des lieux adaptés, avec de bonnes sonos et que l’on puisse travailler avec des personnes qui soient sensibles à « Dans ma cité ». Mais pour le moment, d’abord l’album et aussi sa sortie numérique, après oui si il y a des propositions intéressantes.

PressEyes : Qu’est-ce que ce projet vous a apporté dans votre vie d’artiste ?

Janoz : J’ai un quart de siècle de musique et dans cette période il y a des marqueurs temporels, notamment la sortie de mon premier album en 2003 sur le label de Raph Duma avec qui j’ai aussi collaboré pour « Dans ma cité ». Après j’ai stoppé car j’ai toujours mon activité professionnelle et mes engagements politiques ce qui explique mon absence mais j’ai décidé de reprendre un peu en 2016. Pour moi ce projet, vient témoigner d’un passage, c’est le témoin de ce qu’on a pu construire dans la ville autour des musiques électroniques et autour de mes rencontres. C’est un enrichissement artistique et émotionnel avant tout. Ça m’a permis de redécouvrir pleins de choses à travers cet album notamment des styles musicaux. J’ai réinvesti un travail collectif car je ne suis pas seul il y a Remy Rajaona, Raphaël Dumas, Shany Grumbach, Benjamin Cano, Hervé Baïs , Mathieu Mourareau ,Luis Mazzoni ce qui m’a demandé de prendre de nouvelles habitudes de création. Ça te fait travailler sur la question essentielle de rester humble et c’est important aujourd’hui. Ça m’a permis de recréer des liens avec les soirées, j’ai aussi découvert de nouvelles technologies nécessaires au Mix. Ça m’a mis à l’épreuve de la réalisation d’un bel objet dans un contexte pro, c’est une belle expérience. J’espère que ça laissera un souvenir positif à beaucoup de monde et donnera l’envie à d’autres de « faire ». Et puis j’avais envie de redonner un nouveau regard sur la scène locale.

Méro : Moi ça m’a permis de développer la partie live, j’en avais fais un au départ et j’avais proposé à Janoz de l’inclure dans les soirées et au final on a eu quand même pas mal de demande par rapport à ça. J’ai pu aussi faire connaître mes performances en live painting dans d’autres soirées sans forcément passer par le projet.

PressEyes : Qu’est-ce que ça vous fait de voir enfin le projet pratiquement terminé ?

Janoz : J’ai la satisfaction que le projet soit terminé et que cela ait donné lieu à tant d’énergie et de dynamique à travers tous ces mois. Quand tu es dans des périodes très intenses après tu te dis : bon voilà c’est fini, tu as moins de contact, tu appelles moins. On a besoin de se poser mais d’un côté toute cette intensité te manque.

Méro : C’est un long travail, on vient à peine de finir mais je pense que ça se concrétisera vraiment pour moi le jour où on aura le vinyle en mains, pressé avec les impressions, là on sera arrivé au bout. Pour l’instant je n’arrive pas à voir la fin car on est dans une période où on a encore des soirées à finir, des impressions à faire. Je suis encore dans la dynamique mais le jour où on aura tout bouclé je pense que l’on sera vraiment content.

PressEyes : « Dans ma cité » c’est un mélange de musique et de street-art quelle était pour vous l’importance de mélanger ces deux arts ?

 Janoz : Si j’ai fais cet album c’est parce qu’il correspond à une période de ma vie. Je suis engagé dans beaucoup de choses, j’ai fais et je fais beaucoup de concession sur ma vie personnelle. Je me suis dis tu vas un peu penser à ton bien-être spirituel et intellectuel et c’est dans ce sens-là que j’ai décidé de créer l’album. Il est le reflet de ma personnalité et de mes rencontres. L’idée c’était que ce parcours soit illustré et j’ai donc échangé avec Rémy. Je voulais que l’histoire soit racontée en image. Par exemple l’affiche dans ma cité il y a des planètes qui représentent le collectif que j’avais créé et qui s’appelait le syndicat de l’espace, dans les années 90. Quand la techno est arrivée tu avais l’impression qu’un monde nouveau allait arriver, l’arrivée d’internet, du digital, un monde nouveau s’ouvrait. Tu as les rapaces car dans ce milieu il y en a aussi et comme j’ai mon nom, les gens pensent pouvoir l’utiliser comme ils veulent mais en fait ce n’est pas possible avec moi car je n’ai jamais réellement fait de business, je ne suis pas un bout de viande, j’aime les gens ouverts et sincères, je ne reçois pas d’ordre, on se supporte ou pas, c’est tout !

Je suis un instinctif, je fonctionne beaucoup à l’affectif et puis j’ai toujours cette notion du collectif.

Dans cette ville : si tu veux survivre, il faut s’aider, être solidaire et donc se méfier des rapaces en tout genre. J’ai aussi un autre pseudo qui s’appelle Vautour, j’ai choisi ce pseudo pour positiver et ne pas généraliser, c’est un rapace qui ne tue pas et qui a un rôle environnemental, l’écosystème.

Sur l’affiche, tu as la cité de Carcassonne qui est pour moi importante, essentielle, chaque fois que je la regarde, je la trouve toujours plus belle. Tout a été construit avec ces choses qui m’entourent.

Méro : L’important pour moi c’est vraiment le fait que les gens puissent mettre une image sur un son avec mon street-art. Je représente ce que Janoz veut transmettre à travers la musique en image. Ce que je trouvais intéressant car en fonction des morceaux et des histoires racontées je m’inspire pour faire des visuels différents à chaque fois.

 

PressEyes : Est-ce que projet est pour vous un bon moyen pour que le public soit plus réceptif à la musique et au street-art ?

Janoz : Si j’ai choisi de faire appel à Méro pour ce projet, c’est aussi parce que dedans j’avais démarré avec du funk, du disco, de la soul et du hip hop. Dans le hip hop quand ils ont commencé à presser les vinyles tu avais une face B avec un morceau de house, ce qui constitue l’essentiel de mes sets aujourd’hui. Il y a une démarche autour du son et sur ce qu’il représente en terme de message. Dans le mot Cité, il y a inévitablement la notion d’espace urbain. Pour moi, le projet ne pouvait être qu’illustré par un street artiste, la peinture et la musique sont depuis longtemps très complémentaires et je pense que nous avons fait passer le message à nos publics respectifs.

Méro : Par rapport à la peinture le public accroche sur les visuels et sur les lives qu’on a pu faire. Mais après je n’arrive pas à savoir si il y a un lien direct entre la peinture et la musique, si les gens ont fait la passerelle directement. Mais de mélanger, ça permet à ceux qui s’intéressent soit qu’à la peinture ou soit qu’à la musique de leur faire découvrir autre chose et c’est vrai que cela a permis à ceux qui me connaisse que moi en tant que peintre de les faire voyager à travers un autre univers dont la musique électro et inversement.

PressEyes : Quel message avez- vous voulu faire passer à travers ce beau projet artistique ?

Janoz : Le message que j’ai voulu faire passer, c’est que d’abord je pense pouvoir dire que je suis un artiste. Pour moi un artiste, c’est forcement une personne généreuse et je voulais partager ce que j’ai de meilleur. Le message c’est : voilà ce que j’ai fait, ce que nous avons fait ensemble et ce que je pense de notre histoire voici ce que j’en restitue avec mes sons à vous d’en décoder mes sentiments.

C’est évidemment un hommage à la ville, à ma Cité et aux gens que j’ai rencontré, c’est un message d’amour pour la ville et pour la musique.

Mais après tu as le droit de ne pas aimer l’album (Rire). J’avais aussi envie de me mettre à l’épreuve et montrer de quoi j’étais capable.

Le message ça peut être aussi: il est important de soutenir et de reconnaître vos artiste locaux !!!

Méro : Ce qu’on voulait faire passer c’est aussi de créer des objets d’arts et de collections avec le vinyle à travers le son car aujourd’hui c’est compliqué de créer des objets d’arts avec les MP3. C’est pour ça que Janoz a voulu mélanger le côté art pour faire un objet artistique et unique.

maquette de la pochette du vinyle créé par Mero

 

Un beau projet qu’on a hâte de découvrir en septembre en espérant que Janoz et Remy continuent à nous faire rêver à travers la musique imagé…

Propos recueillis par Mathilde Dandeu

 

Retrouvez les :

Samedi 5 août au Paparazzo : https://www.facebook.com/events/1961963704080124/?ref=br_rs

Page facebook : https://www.facebook.com/dansmacitemerojanoz/

Site internet : http://www.cercle-rouge.com/fr/projects/dans-ma-cite-mero-janoz

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