Sidney Carron : de la photo et beaucoup d’amour !

Sidney Carron, photographe, nous livre son parcours, sa passion pour l’image et son amour pour les gens.

Portrait : Sidney Carron et Michaël Wincott (Crédit Photo Sidney Carron)

Sidney Carron ne sait pas vraiment à quel âge elle a voulu devenir photographe. « Quand j’étais très petite, mon grand-père me disait que je devait être journaliste. J’ai toujours aimé l’image, mais je ne savais pas que je voulais être photographe ». Sidney Carron, fait différents métiers pour gagner sa vie, jusqu’au jour où elle décide que son métier se serait sa passion : la photo. Alors qu’elle travaillait dans une joaillerie, elle plaque tout. Elle prend sa valise direction les Etats-Unis où elle y restera trois longues années. « Je suis partie seule les deux premières années. Tous les jours je me rendais au même endroit du matin au soir. Je posais mon appareil, je faisais des petites marques au sol et j’apprenais comment fonctionnait la lumière et son mouvement ». Les passants qui la reconnaissaient, lui laissaient alors de l’eau et de la nourriture pendant que l’apprentie photographe s’acharnait sur les faisceaux lumineux.

Des photos de la vie

Sidney Carron ne lâche rien afin de bien maîtriser cet art et devenir par la suite assistante photographe à New-York.

De retour en France, elle se lance donc à son compte pour réaliser son rêve et vivre de son métier.

Si l’on observe son beau travail, on s’aperçoit qu’il est composé principalement de portraits. « J’aime les gens que je prends en photo sur le moment, je les aime vraiment. J’aime le délire dans lequel ça m’amène ». Pour elle, la photo c’est beaucoup d’amour, avec des personnes qui ont chacune leur univers et leur histoire. « Quand tu fais une photo de quelqu’un tu rentres dans son monde, quand tu fais un portrait c’est pas un portrait vide, qui ne ressemble à rien. Moi j’aime faire ressortir dans mon portrait une émotion, mais personnel avec du caractère. Un truc original de la personne que j’ai en face de moi ». Sidney Carron, c’est des photos vivantes, pleines de spontanéité, un enfant qui crie, un homme qui tire la langue ou encore une jeune femme qui rit aux éclats … « J’aime beaucoup rire. Souvent quand je fais de la photo ça part en rigolade, puis c’est ça la vie et l’aventure aussi car la photo c’est l’instant. Il y a un côté volé et j’adore volé. Tu lui prends un instant de son existence, c’est un moment qui ne reviendra jamais, qui ne se reproduira pas. C’est une fraction de seconde que tu attrapes et que tu peux avoir concrètement en face de toi. C’est une façon d’arrêter le temps ». Si la photo souligne un moment de la vie, c’est aussi pour la photographe un moyen de tout révéler sans vraiment tout montrer. « Mais dans un regard tu peux voir beaucoup de choses. J’avais pris une famille de forain devant leur caravane et tu voyais les enfants avec des regards sublimes. Tu sentais qu’il y avait quelque chose d’assez dure et en même temps de très poétique ».

Image et parole

Pour elle, la photo, ce n’est pas un travail personnel. Avant la séance photo, Sidney Carron imagine sa mise en scène avec ses envies du moment, les couleurs qu’il l’inspirent, les tendances… « Ma préparation est très cadrée, mais pendant le shooting, comme tu fais un travail avec les gens avec qui tu es, c’est vraiment un travail d’équipe. C’est hyper important. J’ai l’univers de l’autre qui vient enrichir, ce que j’ai à proposer».

Une artiste qui sait également donner confiance aux gens qu’elle photographie. Elle prend le temps d’aller leur parler et de les réconforter, comme elle nous l’explique pour la séance photo pour Playboy avec Joey Starr. « Il y avait cinq filles, car c’était avec The Kooples. Dans un premier temps je leur ai beaucoup parlé, pour qu’elles soient sympas entre elles, qu’il y ait une bonne ambiance. Car il y a certaines filles qui pouvaient être nues et d’autres agences qui demandaient à ce qu’elles ne le soient pas. Ça peut créer des déséquilibres : pourquoi elle est en couverture et pas moi…. C’est un travail de « psychologue » à faire avec les gens et comme j’aime les gens, chaque personne est aimé ». Sidney Carron veut que les gens se sentent beaux pour que la séance puisse bien commencer dans une bonne humeur. « Il y a une atmosphère qui se crée dans un shooting. Tout le monde rentre dans une aventure et dans un petit monde qui commence à une certaine heure et qui va se finir à une certaine heure».

 Entre souvenir, rêve et réalité

 L’un de ses plus beaux souvenirs est celui de ses débuts en tant que photographe professionnelle. La jeune femme est partie faire un reportage dans une gare en Californie. Arrivée à 12h, elle y trouve des personnes qui dorment paisiblement. « Il y avait des canapés très beaux, une lumière très belle c’était un instant de grâce. C’était un beau souvenir. Ils avaient des looks de fou, des gueules de dingue».

Un enfant qui dort paisiblement dans une gare en Californie. ( Crédit photo Sidney Carron)

Des moments magiques qui l’amènent à rêver… oui, Sidney Carron s’imagine bien faire des photos dans une plantation de café avec toute la vie autour.

Enfin, la jeune femme finit sur ses inspirations du moment qui sont représentés par la jeune génération de photographes espagnoles. « J’ai pas de noms en particulier, car je suis tous les jours inspirée, que ce soit par la photographie, le cinéma, les moments de vie, la mode, l’art contemporain ». En ce moment, elle aime le monde cinématographique d’Almodovar, pour le côté humain, coloré, joyeux et gourmand des Espagnols.

Des futurs projets ? Bien évidemment, mais Sidney Carron préfère ne pas s’avancer, car, « tout peut changer du jour au lendemain »…

Mathilde Dandeu

Pour plus d’informations :

Rendez-vous sur son site : http://www.sidneycarron.paris/

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