Cinéma

Polanski récompensé, Florence Foresti écœurée : les moments forts des César 2020 !

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PressEyes revient sur tous les moments qui ont marqué la 45e cérémonie des César entre malaises, émotion et combat… Le cinéma français n’est pas près d’oublier cette édition. 

Chaque année les César nous font vivre des instants inoubliables. Cette 45e cérémonie est peut-être celle qui restera ancrée dans les mémoires. Tout a débuté avec la nomination du réalisateur Roman Polanski qui a fait polémique. Se sont enchaînées manifestations de féministes et démission de la direction de l’Académie. Deux événements présageant une cérémonie sous haute tension !

Les féministes réunies 

Lors de la nomination de Polanski aux César, il a seulement fallu quelques secondes pour que les féministes lèvent la voix. Elles avaient annoncé leur présence lors de la 45e cérémonie. Chose dite, chose faite ! Elles étaient plusieurs à être rassemblées devant la salle Pleyel pour s’opposer aux 12 nominations du film « J’accuse » du réalisateur condamné pour le viol d’une mineure. Si plusieurs ont tenté d’accéder au tapis rouge, elles ont été violemment repoussées par les forces de l’ordre. Elles ont ensuite essayé de bloquer la route en brandissant des slogans tels que « Enfermez Polanski, Polanski violeur, Brûlons Polanski ». 

Florence Foresti assure ! 

Florence Foresti était la maître de cérémonie. On peut dire qu’elle a bien assuré son rôle. La comédienne a laissé peu de répit pour Polanski en le surnommant « Atchoum » ! « Bonsoir, bienvenue à la cérémonie des taulards ! … Euh des César. Il paraît qu’il y a des gros prédateurs … euh producteurs dans la salle. Ça tombe bien, je suis bien équipée ». L’humoriste n’a pas mâché ses mots :  « Il faut qu’on règle un dossier sinon on va avoir un souci pendant la cérémonie. Il y a douze moments où l’on va avoir un souci. Il faut qu’on règle le problème sinon ça va nous pourrir la soirée. Qu’est-ce qu’on fait avec Roro ? Qu’est ce qu’on fait avec Popol ? Ne faites pas comme lui, ne faites pas les innocents vous savez très bien de qui je parle. Qu’est-ce qu’on fait avec Atchoum ? J’ai décidé qu’Atchoum n’était pas assez grand pour faire de l’ombre au cinéma français et au reste de la sélection ».

Quant au comédien Jean-Pierre Darroussin, il a pris un malin plaisir à écorcher les noms des lauréats lors de la remise du prix de la meilleure adaptation, attribuée à Roman Polanski et Robert Harris pour « J’accuse ». 

Une salle qui se vide 

Au début de la soirée, les nominés et les convives n’ont pas riposté lors de la victoire de « J’accuse » pour les costumes et l’adaptation. Mais celui du meilleur réalisateur en faveur de Roman Polanski est mal passé… L’actrice Adèle Haenel,  qui accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’« attouchements sexuels » lorsqu’elle était adolescente, a quitté la salle Pleyel en lançant « Quelle honte ! ». Elle a été suivi par Céline Sciamma, à l’origine du film « Portrait de la jeune fille en feu », qui a reçu un César Technique. 

Cette semaine,  la comédienne s’était confié au New York Times dans une interview, dans laquelle elle avait déclaré : « Distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes. Ça veut dire ce n’est pas si grave de violer des femmes ». 

Aïssa Maïga et un discours qui divise 

Aïssa Maïga, venue remettre le prix de Meilleur espoir féminin, a causé un petit malaise dans la salle lors de son discours sur la diversité. « A chaque fois que je me retrouve dans une grande réunion du métier, je ne peux pas m’empêcher, c’est plus fort que moi, de compter le nombre de Noirs dans la salle (…) On est une famille, on se dit tout non ? ». 

La comédienne a parlé sans enrobages pour dévoiler la vérité sur le cinéma français, son absence d’inclusion et de visibilité envers les réalisateurs et les acteurs originaires de l’Outre-mer.

Un combat qu’elle ne lâche pas ! En 2018, Aïssa Maïga et 15 autres comédiennes noires ou métisses avaient réalisé ensemble un livre : « Noire n’est pas mon métier ». Chacune témoignait de son quotidien au cœur du 7e art et des discriminations qu’elles endurent. 

Un peu d’émotion 

On vous rassure, les César 2020 n’étaient uniquement composés de moments gênants… mais aussi de belles séquences avec notamment l’actrice Lyna Khoudri qui a remporté le César du Meilleur espoir féminin pour le film « Papicha », réalisé par Mounia Meddour. Le long-métrage relate l’histoire de jeunes femmes résistantes, dans une Algérie qui bascule dans l’intégrisme. La réalisatrice a également reçu le César du Premier film.

La cérémonie rappelle que l’espoir est là, mais elle est aussi porteuse d’avenir pour ces (et toutes les) femmes aux talents exceptionnels.

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