Portraits

Julie De Bona ou les voyages d’une actrice

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À l’affiche de la nouvelle série diffusée sur TF1, « Le Bazar de la Charité », l’actrice Julie De Bona se livre sur l’incarnation de ses personnages. Des femmes fortes qui représentent une véritable ode à la vie.

 Du haut de ses 7 ans, Julie De Bona veut faire du théâtre. Le grand jour arrive, celui de la représentation. Sur scène, les mots ne sortent pas. Julie est pétrifiée… « Ma mère m’a retirée du théâtre en me disant : ‘Bon je crois que le théâtre ce n’est pas pour toi’ », confie l’actrice. À 15 ans, l’envie de remonter sur scène revient. Mais cette fois-ci, pas question d’être entourée par des gens de son âge. La jeune fille veut vivre cette expérience avec le cours des adultes. « Je crois que j’avais peur de m’exprimer devant les copains, peur du regard des autres, j’étais pétrifiée. J’étais super heureuse avec les adultes. J’étais la seule adolescente et j’avais l’impression que j’avais le droit de faire des erreurs, d’être mauvaise et que ça n’allait pas me bloquer ».

Julie De Bona, dans le Bazar de La Chartité

Julie De Bona dans le Bazar de la Charité ( Crédit Photo – Denis Manin/ Quad TV/ TF1)

Une période importante pour Julie De Bona, qui était en pleine adolescence. Une phase durant laquelle elle avait besoin d’exprimer ses émotions. Mais aujourd’hui, la petite fille timide est devenue l’une des actrices phares du cinéma, de la télévision et de la scène française.

Se sentir vivante

Julie de Bona a besoin du théâtre et de la télévision. Impossible pour elle de choisir. D’ailleurs, la réponse à cette question – si vous deviez en choisir un des deux ? – est claire : « C’est comme si vous me demandiez de choisir entre mon père et ma mère, c’est moche comme question. Je ne peux pas répondre ! » (rires).

Le théâtre est ce lieu qui la rend vivante. « C’est une sensation que l’on n’a pas dans la vie ». L’actrice souligne le fait qu’on oublie souvent que l’on est vivant. On contrôle tout et on se laisse submerger par la peur du lendemain. « Sur scène, je sais ce qui va m’arriver puisque je connais l’histoire, donc j’ai moins peur et je peux être vivante. La seule chose que je ne sais pas, c’est comment je vais le vivre sur le moment ? Comment le public va réagir ? Cette incertitude est assez magique, mais c’est cadré. Je sais qu’à la fin le personnage va retrouver son mari ou va mourir. Il y a une vibration folle de la scène parce que tu vis avec le public, qui lui ne sait pas ce qui va se passer. C’est là que l’on peut être dans le lâcher prise et c’est jubilatoire».

Sur un plateau de tournage, les sensations sont différentes. Le public est absent, mais l’adrénaline est là à chaque « Action ! ».

« Interpréter un rôle, c’est faire un grand voyage »

De la scène à l’écran, Julie De Bona emmène avec elle ses téléspectateurs à travers des voyages. Des histoires qu’elle aime leur raconter. Pour chacun de ses personnages, la jeune femme prend le temps d’explorer l’âme humaine.« C’est top car je peux me mettre à la place des gens que je ne connais pas et ouvrir en moi de nouvelles portes sur l’humanité. Interpréter un rôle, c’est faire un grand voyage avec un personnage et l’inconnu ».

Si au début de sa carrière la comédienne avait des rôles enjoués, depuis quelques années, Julie De Bona nous procure une vague d’émotions avec des visages forts. « J’avais peur au début des drames donc je faisais de la comédie : la cagole du sud, les bimbos, les Marilyn… Je me suis éclatée car il y avait une faille très jolie, j’ai adoré ces personnages. Puis j’ai eu l’envie de faire des choses plus rebelles, plus profondes, plus fortes et de me diriger vers le drame ». L’actrice a toutefois cette peur que cela impacte sa vie personnelle. Mais elle s’est vite rendu compte que c’était finalement un besoin.

 Les femmes de sa vie

Les femmes qu’elle incarne savent se battre face à une société parfois injuste. Des femmes, mais aussi des mères qui ne renoncent à rien quand il s’agit de protéger leurs enfants. « Je trouve que dans ma carrière les rôles de mères sont aujourd’hui les plus forts. Peut-être que la femme prend de la force au sein de la société dès qu’elle devient maman ? ». Elle a le talent de nous nourrir de ses rôles, de nous pousser à réfléchir à notre condition, au monde qui nous entoure et d’appréhender les événements avec un nouveau regard.

L’actrice est en ce moment même à l’affiche de la série « Le Bazar de la Charité », diffusée sur TF1. Elle y incarne une bonne nommée, Rose. L’histoire se déroule en 1897, Rose rêve de s’émanciper. Mariée à un homme qu’elle aime (rare à l’époque), elle veut fuir Paris pour vivre à New York. Mais tout ne se passe pas comme elle le souhaite. « Elle va au Bazar de la Charité avec sa patronne, il faut absolument qu’elle lui dise qu’elle doit partir avec son mari, mais elle culpabilise. Elle rentre dans ce bazar qui va brûler en 30 minutes ».

Rose, une femme courageuse, sauve un enfant et sa patronne… Un acte qui va faire basculer sa vie, mais l’actrice ne peut pas en dire plus et préfère nous laisser un peu de surprise. Elle ajoute tout de même : « Ça parle vraiment de mariage forcé pour le personnage de Camille Lou. Audrey Fleurot, elle, ne peut pas divorcer donc elle se fait passer pour morte pendant l’incendie. Moi, mon personnage doit changer d’identité ». Des décors d’autrefois, sur un fond de modernité avec des sujets profonds et actuels.

Prendre une claque

 Julie De Bona, passionnée par son métier, s’arrête peu. Les histoires continuent avec notamment « Comme un père », dont le tournage s’est terminé il y a quelques semaines. Un film mettant en avant un père charismatique endossé par Ary Abittan. L’homme aime plaire et faire des blagues. Fier de sa femme, il la montre comme la plus belle du monde. Bientôt papa d’une petite fille, il le crie sur tous les toits. Mais la nouvelle tombe, le bébé est atteint de trisomie 21. Dévasté par cette annonce, il refuse de faire face à son enfant. Le couple se déchire. Mais réussira-t-il à surmonter cette épreuve ? « Pour l’instant, c’est le plus beau rôle de mère que j’ai eu. C’est marrant car j’ai eu plein de rôles de mères ces derniers temps, mais avec des problématiques totalement différentes. J’ai l’impression que la maternité est un sujet vaste, sans fin, profond ».

Cette récente interprétation a chamboulé Julie De Bona, tant sur la maternité que sur la vie. « Ce tournage, c’est plus qu’un tournage. L’histoire est incroyable et ouvrir son cœur à toute une partie de l’humanité que je n’avais pas du tout soupçonnée… D’un coup, tu as ton cœur qui s’agrandit. Il s’est passé un truc dingue, c’est que toute l’équipe du tournage à la fin n’avait plus la même vision de la vie. On a pris une claque ! ».

La trisomie 21 est une malformation liée à l’existence d’un chromosome supplémentaire. Les parents en ont souvent peur, à cause d’une société prônant la recherche de la perfection. «Ils ont une forme d’épanouissement et de bonheur peut-être plus direct et transparents que nous ! Car on a tellement besoin de cette perfection, de plaire, d’être dans les codes… Eux, ils te donnent une leçon de vie. C’est là que tu dis mais peut-être que je devrais me détacher de la perfection, du regard des autres. J’en serais beaucoup plus heureuse. Le fait d’être avec ces enfants, tu es obligée de te détacher de ça, ils t’apportent quelque chose. Ça te renverse totalement ».

Une discussion que je ne peux terminer par cette jolie phrase : « Ce film, ce n’est même plus une histoire, c’est une histoire de vie ». Un voyage d’émotions que l’on a hâte de découvrir.


L’actrice Lula Cotton Frapier ne s’arrête jamais !

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