Cinéma

Medi Sadoun : la chanson dans le sang, la comédie dans la peau

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L’acteur Medi Sadoun, à l’affiche de l’une des plus grandes comédies françaises « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? », se livre sur son parcours de comédien et de chanteur.

Comme de nombreux Français, Medi Sadoun se rend tous les jours sur son lieu de travail en tant que commercial. Il bosse dans plusieurs entreprises et effectue également du télémarketing. Il aime faire rire ses collègues et entonne des chansons. Il s’éprend de cet univers artistique, mais ne s’imagine pas que cela puisse un jour devenir son métier. « Je n’ai pas un parcours académique. Je n’ai pas fait d’école de théâtre, je n’ai pas fait d’école de musique. J’ai toujours suivi mon instinct de déconneur et puis le karma m’a amené là où il m’a amené. »

Le chant est ancré en lui depuis son plus jeune âge. Dès ses trois ans, Medi Sadoun mémorise les musiques de dessins animés et de spots publicitaires. Tout bascule le jour où il croise un copain d’enfance dans un karaoké. Les deux jeunes hommes se reconnaissent et décident de chanter ensemble. « On a commencé à faire une chanson tous les deux. On a vu que nos voix étaient complémentaires : moi j’étais dans les graves et lui dans les aigus. Il arrivait à faire les harmonies avec ma voix, puis on aimait tous les deux le style un peu reggae et on a commencé à faire des titres. »

Toujours se surpasser

Medi Sadoun commence à se faire un nom dans ce milieu. Il participe notamment à la sélection française de l’Eurovision, mais aussi à la plus grande chorale de Gospel « Gospel pour 100 voix ». « C’était magnifique ! On a chanté dans tous les Zéniths de France. C’est un souvenir mémorable », confie l’acteur avec nostalgie. Une carrière et un don de chanteur que peu connaissent… Medi Sadoun est principalement célèbre pour sa casquette de comédien ! Un rôle qu’il endosse à merveille dans des films qui ont connu un véritable succès auprès du public français. Des personnages très différents les uns des autres qui permet aux spectateurs de le (re)découvrir à chaque fois sous une nouvelle lumière.

Medi Sadoun aime surprendre et conquérir de nouveaux horizons : de la grosse kaira à l’avocat, en passant par le gynécologue ou même le joueur du PSG, le musicien en mal de vivre, l’immigré à fort accent algérien ou antillais. « Je ne veux pas faire deux rôles identiques. Il ne faut pas oublier que ce métier c’est jouer. Il faut être là pour les bonnes raisons, ce n’est pas être sur les magazines, chercher à être vu, ça c’est le résultat d’un métier bien fait. Si tu cherches à être connu avant de faire ton métier, c’est qu’il y a un problème ». Des comédies dans lesquelles il se plaît à prendre des risques, changer de costume, d’histoire. Il affectionne ce sentiment d’appréhension, de crainte de ne pas rester dans sa zone de confort. « J’aime bien aller sur des terrains que je ne maîtrise pas. Je ne conçois pas la comédie où il faut faire le clown. Si la comédie est drôle et que si en plus tu cherches à être drôle, pour moi ça ne fonctionne pas. À l’inverse, si c’est écrit sérieusement tu peux avoir un esprit un peu décalé et jouer drôlement. Pour moi, c’est ce qui rend le film beaucoup plus burlesque. Si on prend les comédies de Pierre Richard et de Gérard Depardieu, ce qui était écrit c’était dramatique. Ce qui faisait que c’était drôle, ce n’était pas le fait que Pierre Richard ou que Gérard Depardieu faisaient les clowns, mais c’était leur contraste. Gérard Depardieu était cartésien, hyper sérieux, et Pierre Richard, un peu maladroit. Le regard de l’un et de l’autre faisait que c’était amusant.»

« Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » : une véritable famille

L’échange avec l’acteur, découle sur « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? », l’une des plus grandes comédies françaises avec 12,3 millions d’entrées, qui d’elle le plus gros succès français dans l’histoire de son box-office. Un film qui traite, bien qu’avec humour du racisme en France. Un sujet délicat qui a donné envie à l’acteur de faire partie de cette « famille », comme il la nomme.

Pour lui, le film est la représentation même de la France avec toutes les origines. « Le monde est mélangé qu’on le veuille ou non c’est comme ça. Avec tout ce que l’on nous envoie à la télévision de négatif sur la séparation, que telle communauté n’aime pas telle communauté, qu’il faut vivre séparés pour se protéger. On est cultivé par la peur ! Moi je pense que c’est l’inverse. La fabrication de l’amour d’une communauté vers une autre se fait par l’approche et l’envie de découvrir. C’est surtout ce point qui m’a intéressé dans ce film. Pour montrer aux Français que finalement on est tous pareils ». Un tournage qui s’est déroulé dans la bonne humeur, avec de belles rencontres et un feeling parfait entre les huit acteurs et actrices (Elodie Fontan, Julia Piaton, Frédérique Bel, Frédéric Chau, Noom Diaware ,Emilie Caen, Ary Abittan)

Jouer jusqu’au bout

Medi Sadoun me révèle une petite anecdote cinématographique avec l’acteur Christian Clavier : « La première approche avec Christian Clavier n’a pas était super cool, mais c’était volontaire de sa part. On lui disait bonjour, il ne nous répondait pas, il ne nous regardait pas… Il a gardé cette tension jusqu’à l’action. Avant de tourner cette première scène mythique qui se déroule à table où il nous descend tous, il n’a pas sympathisé avec nous. Il était juste à côté de moi et il ne parlait pas. A la fin de cette première scène, il nous a dit : « Je vous ai eu, vous avez cru que j’étais un sale con. Mais j’ai voulu conservé cette distance qu’il peut y avoir entre des gendres et un beau père, pour que vous soyez juste dans le jeu ». Si on s’était tous bien entendu avec lui en amont du tournage, si on avait eu un lien de familiarité, de complicité, on n’aurait pas eu cette tension au niveau du jeu qui a servi au film. Un grand professionnalisme de la part de Monsieur Clavier ».

Mais on doit également ce professionnalisme à Medi Sadoun. Cet artiste complet navigue aisément entre écran et chant avec des projets sur la Toile : notamment « À terre », un court-métrage du jeune réalisateur Arnaud Mizzon, dont la version longue est en développement. Il sera également sur TF1 à la fin de l’année aux côtés de Cécile Rebboah, dans le téléfilm « L’itinéraire d’une maman braqueuse », issu d’une histoire vraie. L’as du micro prépare également un album de reprise, tout en composant et en écrivant ses propres morceaux pour de prochaines aventures.


 

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