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« The King of Staten Island », Pete Davidson reflète le réalisme des émotions

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« The King of Staten Island » est la nouvelle comédie dramatique de Judd Apatow, en salles le 22 juillet. Une semi-autobiographie de Pete Davidson, la vedette du Saturday Night Live

Les comédies ont pour but de nous détendre, de nous faire rire, mais aussi de nous faire pleurer comme le fait si bien l’un des plus grands réalisateurs de ce genre, Judd Apatow. Mais le cinéaste cherche plus que l’humour ou le drame. Que ce soit dans les séries « Freaks and Geeks » et « Love » ou encore les films « 40 ans et toujours puceau » et « En cloque mode d’emploi ». Il y a toujours une profondeur chez les personnages et des messages importants :  comment survivre dans un lycée quand on fait partie des « loser » dans « Freaks and Geeks », comment trouver l’amour quand on n’a pas toutes les qualités physiques requises, comment s’éloigner de ses addictions pour  « Love », comment faire face à une grossesse subite dans «  En cloque mode d’emploi »

Un schéma cinématographique que Judd Apatow a repris dans « The King of Staten Island », en salles le 22 juillet. La comédie relate l’histoire de Scott, 24 ans. Il vit toujours chez sa mère (Marisa Tomei) quand sa sœur cadette, Claire (Maude Apatow), intelligente et pleine de vie, entreprend des études et quitte le cocon familial.

Margie, une infirmière qui donne tout à ses enfants depuis la mort de leur père, pompier, ne sait plus vraiment comment gérer son fils avec qui elle entretient une relation assez conflictuelle. 

Le rêve d’un fainéant 

Au début, le spectateur est face à cet homme fainéant. Scott passe la plupart de son temps avec ses amis, Oscar, Igor (Moises Arias) et Richie (Lou Wilson), à fumer de l’herbe, traîner… Pourtant, il rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage, mais il ne se donne pas vraiment la peine de le concrétiser.

Il ne prend pas de cours d’art pour affûter son art de tatoueur et se contente de prendre ses amis en tant que cobaye. Il vit aux crochets de sa mère sans même chercher un petit job pour gagner son propre argent. Il se laisse porter tout en rêvant et se lamentant qu’il est atteint de la maladie de Crohn, lui donnant une excuse pour ne rien faire et ne pas recevoir de reproches.

Une attitude enfantine qui ne va pas s’arranger lorsque sa mère encontre Ray, pompier comme son père défunt. Une fréquentation qui va chambouler Scott et ne va pas se passer comme Margie l’aurait espéré. Scott ne s’entend pas bien avec Ray (Bill Burr). Il considère que sa mère fait une erreur en tombant amoureuse de lui. Ray, stupéfait par le comportement du jeune homme, tente de faire autorité et lui demande d’être responsable, de s’occuper de ses enfants par exemple. Un comportement que Scott ne supporte pas. Il se sent rejeté surtout quand sa mère et son nouvel amant lui donnent 9 mois pour partir de chez elle. 

L’impact d’une absence 

Mais peu à peu, le public comprend la faille de Scott, lors d’un match de baseball. Aux côtés de Ray et de ses amis de la caserne de pompier, Scott laisse parler son cœur. Il considère que les pompiers qui fondent une famille sont des personnes égoïstes, qui mentent en promettant à leurs enfants qu’ils seront toujours présents pour leur raconter des histoires avant de s’endormir, qu’ils seront là le jour de la remise de leur diplôme… Ray le stoppe, car il a honte, mais le spectateur comprend à ce moment-là pourquoi Scott agit ainsi : le manque d’un père, les angoisses d’une absence, le souvenir de paroles le freinant à avancer.

À partir de ce moment-là, on ne voit plus un homme perdu, qui ne fait rien de sa vie. Mais une personne de 24 ans sensible, sans confiance en elle, orpheline d’un père, celui qui lui donnait la force de se lever chaque jour. Ray va peu à peu le comprendre par le biais de ses propres enfants. Ils adorent Scott et en font part à leur père, jusqu’au jour où son fils lui montre un dessin fait par le jeune homme. À ce moment-là, le pompier réalise les valeurs de Scott, que ce soit dans sa bienveillance envers sa fille et son fils, mais aussi sa performance artistique. 

L’ancrage d’une caméra réaliste 

Une comédie emplie de sensibilité, dans laquelle on tend vers une tendresse pour ce personnage anéanti par la mort de son père. Une émotion d’autant plus grande quand on apprend que cette réalisation est une semi-autobiographie de Pete Davidson,  qui a perdu son père lors des attentats du 11 septembre 2001. Une interprétation sans larmes, sans cris de douleur, et pourtant Pete Davidson arrive à nous faire parvenir la souffrance intérieure de son personnage.

Une caméra centrale qui joue avec des plans fixes où nous sommes sur des plans larges, puis des plans rapprochés sur le visage des protagonistes qui souligne leurs traits. Des séquences donnant l’impression d’une caméra portée offrant un véritable réalisme au film. Elle joue également sur les angles avec de nombreuses contre-plongées reflétant la profondeur de Scott et cette prise de conscience de l’impact que peut avoir la perte d’un proche sur nos décisions.

« The King Of Staten Island » est une comédie sincère et juste, ancrée dans ce schéma réel de la vie : la confrontation à la mort, la peur, les angoisses, la famille, les ami-e-s, l’amour et l’humour. 

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