Portraits

Billy, la tenacité d’un rêve devenu réalité

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En décembre dernier, Frédéric Richard, dit Billy, annonçait son nouveau programme « Billy Family TV », disponible sur YouTube. Pour ce portrait, PressEyes vous dévoile comment ce gamin de 12 ans originaire de Province, est devenu l’un des animateurs phares de TF1 et continue son ascension en tant que producteur. 

Direction Technicolor, à Paris, pour y rencontrer Frédéric Richard, ou devrais-je dire Billy ! Ce petit surnom vous dit quelque chose ? C’est normal ! Billy a peut-être animé votre pause-déjeuner avant de retourner à l’école avec « Récré Kids » ou encore toutes vos matinées avec le club Disney. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir le parcours de cet homme plein de vie !

Arrivée sur place, je suis émerveillée par la grandeur et la beauté des lieux chez Technicolor. Une réceptionniste m’accueille et me tend une tablette sur laquelle je dois mentionner mon nom, mon prénom, mon « entreprise » et avec qui j’ai rendez-vous. Quelques instants plus tard, je vois du haut des escaliers arriver Billy dans une énergie débordante ! Avec ces lunettes rondes et son pull haut en couleur, il m’invite à monter. Le producteur me propose une petite visite avant que l’on s’installe confortablement sur une banquette avec une tasse d’eau.

Billy écoute attentivement ma question, avant de se lancer dans une longue et jolie tirade sur son parcours et ses anecdotes du monde de la télévision. 

Les premiers pas à la radio 

Billy ne s’intéresse guère à l’école. Originaire de l’est de la France, il avait hâte que la cloche retentisse pour courir chez lui et s’installer confortablement devant les émissions de télévision ou écouter la radio. « J’étais un enfant qui n’aimait pas jouer au foot. Je n’allais pas traîner avec les potes, j’étais dans mon monde. J’adorais regarder la télévision, j’adorais regarder Dorothée et d’autres émissions. C’était vraiment ça que je voulais faire ».

Dans les années 80, en sortant de l’école, des membres de la radio locale distribuaient une annonce sur laquelle était écrite « Mercredi, si tu veux participer à l’émission « En sortant de l’école ». Un programme pour les enfants sur la radio RPHD », « fréquence 95.8 », précise Billy. À l’époque, le petit garçon est comme un fou. Il allait pouvoir mettre les pieds dans une véritable rédaction !  Une  période importante pour les radios dites libres ou FM, propulsées grâce à l’ancien président François Mitterrand. « Avec ce petit papier, je me suis dit que c’était le signe du destin. Je me retrouve le mercredi à la radio avec plusieurs gamins. C’était une façon de faire découvrir la radio aux enfants. C’était sous l’impulsion d’un professeur qui s’appelle Alain. » Le petit Billy demande l’autorisation de revenir un autre mercredi. « Progressivement, j’étais tous les mercredis à la radio. Puis la personne qui s’occupait de cette émission n’avait plus trop le temps, donc ils m’ont passé le relais. À seulement 13 ans, je suis devenu l’animateur de cette émission.» Puis ces mercredis sont devenus aussi des samedis où il animait une émission à 16h.

Billy continue sa chronologie, quand tout à coup, il s’arrête : « Attends, j’ai oublié de te raconter quelque chose ! En vrai, je m’appelle Frédéric, sauf qu’à la radio, il y avait déjà un Frédéric qui animait le hit parade. Ils m’ont dit que je devais trouver un autre prénom. Je n’avais pas trop envie… À l’époque, il y avait un chanteur qui s’appelait Billy et tous m’ont dit que j’avais une tête à m’appeler comme ça. C’est devenu Billy et c’est resté ! Certaines personnes aujourd’hui ne savent même pas que mon prénom est Frédéric. » Fin de cette petit parenthèse, l’animateur revient où il en était.

Après ces années passées dans sa petite radio locale, Billy souhaite évoluer dans une fréquence un peu plus importante. C’est alors qu’il est contacté par Radio Décibels à Besançon, à 60 km de chez ses parents. « Ils m’ont fait une proposition avec un contrat. Ça voulait dire arrêter l’école, trouver un appartement et  quitter ses parents. Mais me voilà parti signer mon contrat et dire au proviseur que je ne serai plus là à partir de lundi. Le proviseur a dit à mes parents : ‘De toute façon, sa destinée est toute tracée’. »

De l’armée à Dorothée 

Nous sommes en 1991. Billy est heureux en radio, mais le devoir le rattrape. Il est obligé de faire l’armée. Il est recruté en plein mois de décembre. « Je t’explique pas 6h du matin au garde à vous, avec la neige. Surtout que je venais de la radio, j’étais dans mon monde. Puis bon l’armée se passe quand même plutôt bien. » Dans la tête du jeune homme, tout est déjà bien organisé : après l’armée, direction Paris ! Durant ses armes, Billy continue à écrire à des chaînes de télévision, aux animateurs comme Patrick Poivre d’Arvor, Jean-Pierre Foucault, Dorothée… dans l’espoir de recevoir une lettre lui disant qu’il était pris. Il n’a rien lâché jusqu’à cette réponse encourageante de Jean-Marie Aumont, directeur des productions d’AB à l’origine des émissions sur TF1 : « Cher Billy, Bonne année . Bon courage pour l’armée et un redémarrage fulgurant dès la fin de ton service ».

À l’intérieur, le directeur de production y avait glissé un billet de concert pour que Billy puisse aller voir Dorothée en concert. Le jeune homme demande alors au colonel l’autorisation de partir un peu plus tôt. Demande acceptée, Billy part voir Dorothée et réussit à décrocher une interview de la vedette de l’époque. Après ça, Billy ne lâche plus AB et continu à les relancer. Un jour, on finit par lui proposer un stage. Un petit problème se pose, il est dans l’obligation d’être doté d’une convention de stage, mais Billy est déscolarisé… « J’ai trouvé une combine. À l’époque, tu pouvais faire des cours d’audiovisuel par correspondance. Je me suis abonné. En réalité, je n’ai pas fait ces cours, mais grâce à ça j’ai pu bénéficier d’une convention de stage. » Billy quitte l’armée le 30 septembre 1992. Le 5 octobre, il est devant les plus grands studios des années 90 ! 

Billy, la nouvelle image de la jeunesse 

Il se retrouve à Paris, sans appartement. Mais tant pis, il est enfin là où il a toujours rêve d’être. Chez AB, il tombe sur des gens bienveillants, mais qui n’ont pas vraiment le temps de s’occuper de lui. « C’était une vraie fourmilière, je devais savoir tout faire : apporter les croissants, préparer les loges, me rendre à l’autre bout de la ville, préparer les émissions… » Petit à petit, il apprend sur le tas. À la fin de son stage, Jean-Luc Azoulay, cofondateur et producteur de AB, décide de le recruter. Billy monte de poste en poste et devient assistant réalisateur sur le club Dorothée.

« Après deux années, j’ai eu envie de plus et je voulais devenir animateur. Jean-Luc me promettait de faire des tests.» Les jours passent, mais rien ne change. À ce moment-là, AB produit principalement des émissions pour TF1, mais aussi des programmes pour Monte-Carlo. Le producteur vient chercher Billy en lui proposant de co-animer avec l’animatrice Isis l’un d’eux : « Récré Kids », diffusée sur TMC. Le voilà parti pour de nouvelles excursions télévisuelles. Durant trois ans, il était le héros du 12h-14h chez les enfants avant de devenir la vedette du club Disney. « J’ai appris que Walt Disney Company cherchait un nouvel animateur pour TF1. J’ai fait un déjeuner avec la productrice qui s’appelle Nathalie Carter qui travaillait chez Disney ». Au premier abord, ça ne colle pas vraiment. Nathalie Carter trouve Billy bien trop speed, coloré. La star doit rester Mickey, non pas l’animateur. Par surprise, le lendemain, Billy reçoit un appel de sa part, lui disant d’aller se présenter au casting. « Sauf que j’étais en tournage… Mais j’ai pu m’y rendre dès que j’ai eu terminé ».

Quand Billy arrive sur place, les directeurs de casting le regardent comme un extraterrestre. «  À l’époque, j’étais toujours habillé en fluo. » Ils lui demandent s’il a bien reçu le texte. « Je leur dis non et je me lance dans une improvisation totale ! Je me souviendrai toujours de leur tête. » Une improvisation qui fera l’unanimité. À 23 ans, Billy devient l’image de Disney. Une image bien contrôlée avec un contrat exclusive, signé par des avocats. Le jeune homme n’a pas le droit au moindre faux pas… Des années d’émissions qui l’amèneront à tourner en Laponie pour Noël, puis l’été aux États-Unis à Walt Disney World. « Je m’amusais, mais tu sais que Disney ce ne sera pas toute ta vie. »

Trois ans plus tard, Disney envisage des projets différents. Billy termine son contrat, quand Etienne Mougeotte, directeur des programmes de TF1, lui propose de rester chez TF1 pour réfléchir ensemble à un nouveau programme. Une collaboration qui donne naissance à « Clic et Net », une émission passant tous les soirs avant le JT, pour expliquer aux enfants et aux adultes comment utiliser internet. En parallèle, l’animateur travaille pour Canal J, pour l’émission Iapiap ! 

En tant qu’animateur, Billy a fait le tour. Il s’intéresse à la production et imagine « Mission414 », une émission ayant pour but de donner des vocations aux enfants. Il les embarque à bord d’un sous-marin, au cœur de l’armée de terre ou de l’air dans un mirage 2000. Ou encore dans les coulisses de spectacles ou de films. Billy continu son chemin, en co-fondant plusieurs société dont Cyber group Studios. 

Le Noël à l’Élysée

L’animateur qui côtoie les plus grandes célébrités de l’époque fait la rencontre de Bernadette Chirac. À l’évocation de cette grande dame, l’énergie débordante se laisse remplacer par une grande douceur dans le regard de Billy et un grand respect. Avec elle, il fera « Les pièces jaunes » aux côtés de David Douillet, parrain de l’association. « Au début, on était très peu. J’ai proposé d’amener des artistes. La deuxième année, j’ai ramené les 2Be3, Larusso, Matt Pokora, qui démarrait, ensuite Jenifer… Puis on allait dans toutes les villes faire des concerts. » La première dame lui propose ensuite d’organiser les Noëls des enfants à l’Élysée. Un palais que Billy transforme à son image avec des shows spectaculaires ! « Quand le président Chirac est parti en 2007, Cécilia Attias m’a rappelé en me disant que ce que j’avais fait c’était super. J’ai fait le Noël de Mr Sarkozy, puis Cécilia est partie et je me suis retrouvé avec Carla. Quand le président Hollande a été élu, ils m’ont rappelé. J’ai dû faire douze ou treize Noël ».

Billy me confie sa tristesse à l’annonce du décès de Jacques Chirac. Il les décrit comme des personnes très humaines. « Tu sais quand tu as des problèmes dans la vie, tu penses pouvoir compter sur des personnes qui au final ne sont pas là pour toi. Mais d’autres, que tu n’attendais pas, t’apportent leur soutien. Mr et Mme Chirac font partie de ces gens-là. » Il m’explique que Bernadette allait toujours voir les enfants à l’hôpital ou les personnes âgées. Elle n’attendait pas les caméras pour le faire. 

Un nouveau chapitre avec la « Billy Family TV »

Aujourd’hui, Billy travaille chez Technicolor, l’une des plus grandes sociétés spécialisées dans la conception des effets spéciaux pour le cinéma et différentes plateformes comme Disney ou Netflix. En parallèle, il crée en décembre 2019 un tout nouveau programme familiale, la « Billy Family TV ». Une production basée sur le partage ! « Pour moi, ce n’est pas un but ultime d’avoir ma tête à la télévision. J’avais envie de créer, puis j’aime bien le passage de relais. Pour la Billy Family, mon but est d’avoir une team autour de moi, d’avoir des jeunes, de faire quelque chose ensemble et pas un programme où il n’y a que Billy. » 

Une émission en pleine évolution, dans laquelle on a pu retrouver de nombreuses personnalités en live pendant cette période de confinement. 

Une conversation passionnante de plus d’une heure qui prend fin… Je suis arrivée avec une vingtaine de questions. Je n’ai pu en poser que 3… Billy n’a pas attendu que je les lui pose pour y répondre. Il l’a fait de lui-même en me plongeant dans cette belle histoire pleine d’aventures et de rebondissements, dans laquelle il était capitaine du navire. Il était pour moi impossible de l’arrêter. J’attendais chacun de ses souvenirs avec impatience pour y connaître non pas la fin, mais celle d’un premier chapitre à suivre, ouvrant sur un nouveau récit à venir : La Billy Family. Mais ce tome 2, ce n’est pas moi qui vous le raconterai ! Pour connaître la suite, je vous invite à naviguer sur ses différents réseaux Instagram billyboyofficiel / billy_familytv_

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