Elisa Erka affronte sa liberté

Elisa Erka, Le bruit du monde, EP, Enfance, Sonate, Mathilde Dandeu, PressEyes

Elisa Erka ( photo - DR)

Elisa Erka joue, chante, écrit… Mais surtout, elle a cette âme poétique au champ lexical bien à elle, révélant la faune, l’ivresse et soi… Pour PressEyes, elle a accepté de révéler les secrets de son art parfois dévoilé par son inconscient. 

Lorsque l’on prononce ce prénom Elisa, on ne peut que chantonner le titre du même nom signé Serge Gainsbourg. Et tout comme cet astre de la chanson française,  Elisa Erka… à cette âme d’artiste, puisqu’elle chante et écrit ses propres textes. Ce morceau lui était peut-être réellement dédié dans un futur proche… Mais avant de révéler sa voix devant des milliers de personnes, la jeune femme a débuté sa vie d’artiste sur les pointes par le biais de la danse classique. Oh, ces mouvements elle les aime, comme se montrer en spectacle sur la scène, mais qu’est-ce qu’elle s’ennuie… les applaudissements du public ne lui suffisent plus, ce qu’elle veut c’est le faire rire : “Le jour où j’ai commencé à faire le clown et faire rire les gens, c’est là que j’ai eu le déclic. Je trouvais ça génial, car je ressentais qu’il y avait vraiment quelque chose qui se passait.“  Puis, il y a le chant qu’elle affectionne par-dessus tout. Elle a cette hâte de s’installer pour se raconter des histoires bercées par les notes de son piano. Oui, Elisa a beaucoup de points communs avec Serge Gainsbourg de la musique au cinéma… 

 
 
 
 
 
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Un puits d’émotions

Face à la caméra, Elisa Erka aime pouvoir déverser différentes sensibilités. Le jeu lui offre également cette possibilité d’interpréter différents personnages. Puis, elle aime le théâtre pour observer les spectateurs et entendre l’éclat de leur voix lorsqu’elle réussit à les faire rire, ou voir leurs larmes couler sur le visage quand elle réussit à les faire pleurer : “Avec la musique c’est exactement pareil, sauf que je n’interprète pas quelqu’un je reste moi.“ Elle laisse planer un silence avant de reprendre : “En même temps, je mets quand même un costume, mais qui est plus proche de moi.“ Sur scène, elle aime voir les gens danser, elle décrit ce moment comme “une communion d’émotions très précieuse.“  Pour parvenir à ce moment magique, c’est de longs mois de travail. Mais une fois que l’univers, les mots et la musique ont fusionné, elle autorise son public à s’inviter dans sa bulle musicale. 

L’ancrage animal 

Le 4 mars prochain, on aura la chance de pouvoir découvrir le nouvel EP d’Elisa intitulé “Le bruit du monde“. Un album qui fait écho à ce que l’on traverse depuis deux ans : le replie sur soi-même, les confinements à répétition, l’imagination qui s’éteint, le manque de vibration… “C’est un album un peu introspectif qui parle de ce que j’ai traversé“. La chanteuse se reprend :  “De ce que tout le monde a pu traverser“. Pour créer ce nouvel opus, elle ne s’est pas donnée vraiment de règles, comme pour tous les autres : “Je peux avoir une mélodie en tête ou bien un champ lexical bien précis.“ Des chansons dans lesquelles elle fait souvent référence aux animaux. Elle rit et promet  “qu’elle ne le fait pas exprès“. Dans “Le bruit du monde“, tout comme dans “Pardonne-moi“, sorti en 2019, on sent cette forte attirance pour les oiseaux. Si dans l’EP précédent, les oiseaux avaient une connotation négative, ici ils sont l’image même de la liberté. 

Une liberté sans issue 

Vous vous poserez sans doute la question : comment évoquer la liberté à travers ces mots qui parlent de la situation actuelle ? Une réflexion qu’impose Elisa avec cet EP si bien pensé. Être enfermé, ne veut pas dire être privé de liberté. Et c’est à cette notion d’enfermement qu’elle y glisse celle de la délivrance grâce au Ciel, au soleil, aux oiseaux et à l’ivresse : “Ivre,  La roue ou Monde qui flotte, ont des thématiques qui sont reliées au besoin et à la liberté : le fait de vouloir sortir et d’aller toucher le soleil. Ivre, j’aime beaucoup cette chanson parce qu’elle dit vraiment : ‘Je n’ai pas peur de me brûler, je n’ai pas peur de vivre un tas de trucs, j’ai juste peur de mourir ou de me retrouver face à moi même ‘“, explique l’interprète.  “Se retrouver face à soi même”, une phrase que l’on retrouve également dans Sonate, mon coup de coeur de l’EP. Je n’ai pas peur de l’avouer j’ai du l’écouter une trentaine de fois. 

Se découvrir 

Sonate, est le morceau le plus intimiste de cette nouvelle création et pourtant qui peut parler à beaucoup de personnes : pour celles qui n’ont pas confiance en elles, qui doivent apprendre à s’accepter tout en faisant face aux réseaux sociaux. “C’est mon bébé titre, car il y a une vérité que j’assume dans cette chanson de dire que le plus compliqué pour moi c’est d’être face à ce rendez-vous et il faut que je sois honnête.“ Ce fameux  “Rendez-vous” est un sentiment très fort dans “Le bruit du monde“, que l’on retrouve souvent. D’ailleurs, il prend un sens très important dans le morceau Enfance

Parler de ce monde dans lequel nous vivons, c’est aussi parler de ce qu’inflige la société : celle d’être des hommes, des femmes, des adultes… mais qu’est-ce qu’être adulte ? Un monde qui nous interdit presque de garder en nous cette part d’enfance qu’il nous reste. Mais avec Elisa il est hors de question de la faire disparaître. Elle, elle a besoin de ce rendez-vous primordial pour s’épanouir : “Il y a une évolution dans la chanson. Il y a vraiment le fait que l’on me demande de grandir, de devenir une femme, mais moi je ne sais pas ce que c’est, je ne me sens pas là. Il y a aussi ce moment où je sens que j’ai besoin de retrouver mon enfance et je la vois. Puis, le dernier moment, où je me dis que je n’ai pas besoin de chercher cette enfance parce qu’elle est ancrée en moi. Il faut juste lui ouvrir les bras.

 
 
 
 
 
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Lorsque l’on écoute “Le Bruit du monde“, on s’imagine Elisa, observer l’Humain, qui s’émancipe timidement, dans le silence avant que le bruit, voire la vie ne reprenne à nouveau toute sa place. 

Une oeuvre musicale à écouter sans modération pour un brin de liberté.