Gael Faure : une musique en pleine conscience et sensationnel

L’eau et la peau nous renvoie à cette sensation de fraîcheur, de chaleur et de douceur. Mais c’est aussi le nom que Gael Faure a choisi pour son EP sorti le 10 septembre 2021. Une oeuvre musicale qui nous procure le bien-être d’un voyage émotionnel.

La rencontre avec Gael Faure s’est fait un jour de grand soleil à Paris. La chaleur était presque insupportable, mais le musicien a préféré se rendre au studio en vélo au lieu de profiter de la clim dans un taxi. Une fois les cinq étages montés, il a pris le temps de boire un peu de thé glaçé avant de raconter son histoire avec la musique. C’est à 14 ans que Gael Faure décide de s’acheter une guitare sèche parce qu’il en avait “fortement envie“. C’est sans prendre de cours qu’il commence à gratter ses premiers morceaux : “J’aimais bien l’idée de ne pas prendre de cours. Puis j’ai commencé à chanter, m’accompagner.” Au fil du temps, l’adolescent, le jeune homme qu’il était, comprend qu’il veut en faire son métier et se laisse guider par la vie, qui lui offrira cette chance de réaliser son rêve.

 
 
 
 
 
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La musique apaise le musicien sur “beaucoup de chose”. Elle lui permet de le calmer, mais aussi de s’exprimer. Gael Faure aime à dire que c’est “une belle thérapie”, lui faisant comprendre des choses sur lui-même, sur les autres, mais aussi sa place dans ce monde. Quand il joue, chante, il sait qu’il ne va pas révolutionner le monde, mais Gael Faure insiste : “Il faut arrêter de se poser un tas de questions, sinon on ne fait rien. ” Lorsqu’il compose, l’interprète se laisse porter par la mélodie. Chaque musique à son mot, bien que tout ne soit pas figé comme un véritable voyage : “Les 3/4 du temps, pour ce qui est du texte, j’ai un mot qui devient le titre et ça ne bouge plus. Pour ‘Renoncer’, je savais que je voulais une chanson qui se nomme ainsi.” Un morceau qui est loin d’évoquer le fait de tout arrêter. Non dans “Renoncer”, Gael Faure parle de choix pour avancer dans sa propre vie, aller vers ce qui nous ressemble le plus, qui nous rend heureux. “Peut-être un chemin qui est moins grandiloquent, mais son propre chemin à soi, quelque chose de plus petit sentier, mais tu sais où tu vas. C’est plus agréable qu’une autoroute, Renoncer pour arriver à se sentir bien avec soi-même”, a expliqué avec beaucoup de délicatesse Gael Faure. Parler de composition, c’est bien évidemment parler d’inspiration. Et ce qui inspire Gael Faure c’est “Le monde qui s’écroule, ça m’inspire pas mal (rire).” Mais plus sérieusement, l’artiste est animé par tout ce qui est négatif, mais aussi et heureusement par ce qui est positif : “Si tu deviens trop vindicatif ça devient chiant et on perd vite les gens, parce qu’on en a en un petit peu marre de se faire taper sur les doigts.” Mais le musicien souligne tout de même l’importance du rôle d’être artiste et de réussir à faire passer des messages.

Surprendre son public

C’est à nouveau qu’il aborde le titre “Renoncer “qu’il a mis en image avec une vache qui s’appelle Directrice et c’est avec beaucoup d’amour qu’il en a parlé : “J’avais envie de doux, de tranquille, où l’on prône la douceur animal.” Un morceau bucolique, qui nous balade au milieu de ces montagnes et de cette vache. C’est alors que l’on se laisse bercer par le son des trompettes qui viennent embrasser les notes du piano. Si ce titre est empli de douceur, “L’eau et la peau” est un EP dans lequel Gael Faure a voulu surprendre avec des compositions plus électro : “J’aime bien qu’il y ait des montagnes, je trouve que c’est chiant d’écouter un album où il y a toujours le même tempo de A à Z, c’est la quintessence de l’ennui.

 
 
 
 
 
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Un EP qui fluctue, mais garde cette cohérence par la voix suave de Gael Faure, qui porte des intonations de Serge Gainsbourg. Une comparaison qui semble plaire au compositeur qui comme beaucoup admire et aime l’artiste qu’était cette grande figure de la chanson française. “Gainsbourg ? “, réfléchis t-il tout en ajustant sa casquette kaki, ” Peut-être la voix, qui commence à être plus posée. J’ai compris deux trois choses dans les mots : je les délivre davantage, je fais moins d’arabesque. Je sais que je peux chanter au premier sens du terme, je peux m’amuser avec ma voix, à part peut-être du lyrique parce qu’il faut beaucoup de technique.” Mais pour “L’eau et la peau”, Gael Faure a voulu habiller les mots simplement sans trop en faire , une oeuvre qui lui ressemble, tout comme le titre de cet EP qui poétique en a aussi une belle genèse : ” L’eau et la peau vient du fait que je suis parti vivre un peu dans la Drôme. Et l’été dernier, je n’arrêtais pas de me baigner dans la rivière. Tu as le vercors et l’eau vient directement des montagnes, elle est trop belle et fraiche. L’eau c’est la vie et pour moi l’eau et la peau c’est quelque chose de sensuel, de sensationnel, puis c’est nous et ça nous nourri.

Une oeuvre singulière et plurielle

Soulignons le “NOUS” qui est très important. En effet, au-delà d’être une oeuvre musicale, “L’eau et la peau” est aussi thérapeutique. Chaque titre permet de réfléchir sur le monde qui nous entoure, sur soi, son entourage… Le titre L’oeuvre de nos vies, pousse à ce que l’on devienne maître de notre destin, qu’il ne faut pas rester sur ses erreurs pour mieux avancer. Il y a aussi ce morceau Ma folie, ma maison, qui est le titre le plus personnel de l’EP puisque Gael Faure se livre sur lui-même. Pourtant, il réussit à ce que chacun d’entre nous puisse s’y comparer : “Elle parle des constellations familiales, les fantômes qui nous poursuivent, qui sont dans notre corps, dans notre ADN et qui nous lâchent pas tant que l’on ne les a pas soigné. J’ai toujours voulu désapprendre, puis apprendre pour reconstruire ma folie, ma maison. On sait que l’on vient de quelque part, que l’on a des parents, mais il y a des choses que l’on aimerait soit qu’elles disparaissent, soit arriver à les comprendre pour être au calme et ces choses-là me fascinent.”

Une écriture qui lui a permis de démêler ses propres noeuds, pour pardonner ce qu’il estime être des erreurs. Si Gael Faure avoue qu’il écrit dans un premier temps pour lui, il sait que les émotions qu’il mets dans chaque mots, syllabes, mélodies pourront aider d’autres personnes qui écoutent sa musique. Oui, nous traversons tous des choses, mais le plus souvent ces épreuves sont similaires. Pour l’interprète, il est indispensable que l’on puisse tous s’entre-aider et que les artistes, un mot qu’il trouve d’ailleurs un peu trop employé, arrêtent de regarder leur “nombril”. ” Je pense que ce ne serait pas négligeable que certains artistes se remettent en question et qu’ils osent revoir leur manière de tournée pour aller dans un lieu très précis et éviter trop de déplacements. Ça prend du temps, mais il faut savoir réécrire l’histoire, écrire de nouveaux récits et proposer de nouvelles choses.

L’après

Pour ce qui est du futur, Gael Faure n’aime pas vraiment en parler : “On est dans une société qui nous demande toujours d’être dans l’après“. Mais grâce à mon super pouvoir de journaliste, j’ai réussi à lui soutirer quelques informations : “Je pars vivre à Majorque en septembre, pour une nouvelle vie. Je vais aussi faire des captions live et pleins de clips. L’idée de faire un clip pour chaque chanson me ravi car aujourd’hui on regarde la musique autant que ce qu’on l’écoute. Puis un clip ça fait partie de l’histoire, c’est magique de mettre des images sur une musique.” Comme interprète, musicien et compositeur ne lui suffisait pas, Gael Faure s’est également mis à la co-réalisation et à écrire ses propres scénarios : “J’aime beaucoup ça, je l’ai fait pour ‘Renoncer’, la vache, c’était mon idée.” Bien qu’il n’aime guère le mot “artiste”, je m’autorise quand même à dire que Gael Faure est un véritable artiste pour notre conscience, nos oreilles, nos yeux et notre coeur.