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« Un vrai bonhomme » : de l’amour fraternel

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En salle depuis le 8 janvier, « Un vrai bonhomme », réalisé par Benjamin Parent, est un somptueux mélange entre l’amour de deux frères et l’acceptation du deuil…

Et si aimer trop fort une personne ne nous permettait pas de la laisser partir et vivre dans son ombre… C’est l’histoire d’ « Un vrai bonhomme », réalisé par Benjamin Parent.

Léo (Benjamin Voisin), l’aîné, un grand basketteur, est celui que sa famille admire et plus particulièrement son père. C’est un jeune homme avec beaucoup d’assurance. Son petit frère Tom (Thomas Guy) est plus effacé, timide. Il a peu confiance en lui… Ce qu’il aime, c’est se plonger dans les livres. Deux caractères bien différents et pourtant un amour fusionnel les lie

Les premières minutes du film annoncent la poésie du scénario, entremêlé de doutes et de peur. On y voit deux frères qui s’aiment, avec une belle complicité suivie d’un événement bouleversant à jamais la vie de Tom.

Mon frère, mon modèle

Les jeunes garçons devaient se rendre à une fête, mais Léo meurt brutalement dans un accident de voiture… Un drame que Tom a du mal à accepter. Il continuera à vivre dans l’ombre de son frère. Léo est là à chaque instant de sa vie : il lui donne des conseils, lui dit comment agir, comment faire avec les filles, avec qui « traîner » au lycée, comment devenir un vrai bonhomme… Tom ne peut se passer de son grand frère. Sans lui, il est comme perdu. Ce cadet a besoin d’avoir son aîné près de lui, dans cette période difficile qu’est l’adolescence. Un passage de notre vie mouvementée, l’on cherche sa place au sein des plus grands.

Il est intéressant de voir comment Benjamin Parent a dépeint ce deuil. Léo n’est pas seulement aux côtés de Tom par une voix ou des pensées, il est réellement présent. Tout au long du film, les spectateurs voient Léo comme si ce dernier était toujours bel et bien vivant. Un fantôme qui prend beaucoup de place dans la vie du lycéen, lui laissant peu de liberté sur ses propres choix.

L’amour destructeur

Une réalisation qui apporte au film une double définition de l’amour avec un grand A entre deux frères. Celle d’une belle fraternité, mais encombrante et envahissante. Il en résulte que le public est attendri par ces moments entre les deux, de par cette relation qui les lie même dans la mort. Un drame que Benjamin Parent a su souligner avec douceur. Il n’y a aucune noirceur dans ce long-métrage malgré cette famille qui essaie de surmonter tant bien que mal cette épreuve. Depuis la mort de son frère, Tom est comme inexistant aux yeux de son père… Un père admiratif (Laurent Lucas) de ce fils perdu. Seule sa mère (Isabelle Carré) essaie de le comprendre :  pourquoi ce silence, ces comportements violents,  ce refus d’accepter la mort de son grand frère.

Perdre quelqu’un brise sa propre vie, mais également une famille. Une famille unie qui se désunit pour vivre chacun de leur façon et s’enfermer dans un mutisme. Malgré ces passages douloureux, reflétant la difficulté de perdre un proche, le réalisateur a su glisser de beaux moments l’on se laisse transporter par des scènes pleines d’humour et des séquences emplies de tendresse. Oui, ce film est une explosion d’émotions.

On vous laisse le plaisir d’en connaître la fin… Tom va-t-il réussir à laisser partir son frère et à voler de ses propres ailes ?


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