Portraits

Valérie Tribes, à la conquête des tendances !

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Valérie Tribes, journaliste mode, a depuis 2007 créé son propre podcast intitulé « Chiffon ». Bien évidemment, on y parle mode, mais avec des personnes de tout horizon !

Valérie Tribes

Nous avons rendez-vous à 10 heures à l’hôtel Pigalle. Je l’aperçois au loin avec son long trench noir, un denim à la coupe évasée, des vans roses et ses lunettes de soleil Céline de couleur bleu nuit. J’ai hâte de découvrir son parcours et sa vision de la mode.

Nous nous installons confortablement, à l’intérieur où il fait au moins 50°C. Une petite infusion à la sauge et l’interview débute.

Le journalisme et la mode sont deux passions de Valérie Tribes depuis toute petite… Initialement, elle se dirige vers le droit, mais rien n’y fait, elle veut être journaliste ! Un but aujourd’hui atteint, notamment avec la création de « Chiffon » en 2017, son podcast où l’on bavarde tendances. « J’étais une grande passionnée de podcast, j’en écoutais aux États-Unis et en Angleterre. J’ai vu qu’ils avaient au moins trois ans d’avance sur nous et je me suis dit ‘cette chose va venir en France’. Comme on a toujours un train de retard, je me suis demandé ce que je pouvais faire ».

Une mode pour tous !

Elle réfléchit longuement pour trouver une ligne éditoriale qui lui correspond. Elle se penche sur les différents magazines et constate que ce sont toujours les mêmes « fashion addict » que l’on voit dans les magazines. Une sublime idée lui vient en tête : elle veut interviewer tout le monde ! « Hommes, femmes, jeunes, vieux et pas forcément des gens qui travaillent dans la mode. Car ce sont avant tout les consommateurs qui font la mode ». Un podcast qui trouve ses auditeurs et fait un carton. De plus en plus exigeants, Valérie Tribes se doit d’aller vers des personnes plus connues, avec de grosses communautés sur les réseaux sociaux comme Mireille Dumas ou François Gabart.

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Pour finir cette année 2018 en beauté, j’ai choisi un invité qui est déjà passé dans Chiffon. Et quel passage !! En effet, le 29 septembre 2017, @marc_beauge nous disait à ce micro : « J’aime m’habiller vieux, j’aime le velours et le shetland, les costumes napolitains. Quand j’étais petit je ne voulais pas sortir avec ma mère quand je la trouvais mal habillée ». Il nous avait aussi fait part de sa « wishlist » de fringues et nous avait expliqué qu’il calculait la taille de ses ourlets de pantalons avec une formule mathématique. 18 mois plus tard, Marc me reçoit dans son salon assis à la même place que la fois dernière vêtu d’un jean, d’un sweat rouge d’une Université Britannique et les pieds nus. Quand je lui reparle de notre entrevue passée… il assume tout, et avoue que les fringues sont une véritable névrose obsessionnelle. Ce grand timide professionnel de la presse (Society, Holiday…) habitué des plateaux télé (Quotidien sur TMC) s’est livré à mon micro avec une sincérité toujours aussi touchante. En 2018, il a réalisé un rêve : créer un magazine qui lui ressemble : « L’Étiquette, le guide de l’élégance masculine ». Il nous raconte cette aventure de copains passionnés de mode, loin des « diktats fashion », « des défilés hystériques », et des « extravagances des créateurs » (je le cite). Car pour Marc Beaugé, « avoir du style, de l’allure, ou de l’élégance est un processus long, qui demande de s’intéresser au vêtement en lui-même ». Tout est dit ! Cet épisode est réalisé en partenariat avec l’Atelier @emmaetchloe , une marque de bijoux made in Paris. https://www.emma-chloe.com Grâce au code Chiffon recevez votre première box bijou pour 10 euros (au lieu de 25 euros pour une valeur comprise entre 40 et 100 euros). Réalisation: @gautiercarbonneaux 📷 @antoineharinthe

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Un podcast qui lui a permis de faire belles rencontres comme Anna Dello Russo, l’une des maîtresses incontournables de la mode. Mais aussi Marc Beaugé, un homme qui l’a marquée par sa passion pour les vêtements, son savoir-faire.

« Chiffon », c’est plus de 10 000 abonnés, avec un nom original, qui sort des cases de ce que peut inspirer la mode. « J’étais en train d’essuyer la vaisselle et j’avais un torchon dans les mains : ‘je me disais torchon, chiffon’. Finalement, une fringue c’est quoi ? C’est un chiffon que l’on peut tirer. Dans chiffon il y a aussi ce côté doudou, que l’on traîne pendant longtemps. Et je m’aperçois que lorsque j’interviewe les gens, beaucoup ont un lien affectif avec certains vêtements ».

Une société qui brille par les tendances

Plus nous avançons, plus j’aime cette vision que Valérie Tribes a de la mode… Elle s’attache surtout aux tendances. Au début de sa carrière, elle écrit pour un magazine de restauration. Elle part à la recherche des nouveaux concepts et des nouvelles aspirations gastronomiques. « Après, je suis passée à la décoration et petit à petit j’ai glissé vers la mode. Pour moi, la mode, c’est une tendance sociétale et c’est ce qui m’intéresse ». Selon la journaliste, les tendances sont le reflet de notre société. « En ce moment, je suis en train d’écrire un livre sur la vision de la mode et j’explique que c’est avant tout un marqueur social : ‘Comment tu es habillé et je te dirais qui tu es ?’ Comme c’était vrai à l’époque de Marie-Antoinette avec les aristocrates qui s’habillaient d’une certaine manière, les ouvriers d’une autre façon. Maintenant ça c’est un peu mélangé, démocratiser, mais pas totalement ».

Valérie Tribes se décrit comme étant une vraie « mateuse ». Elle aime regarder les gens en ville, s’installer en terrasse et admirer des tenues et s’en inspirer. « La mode, elle est dans la rue, il ne faut pas l’oublier ». Une mode qui peu à peu change et ne veut plus vraiment rien dire, avec des milliers de combinaisons que l’on peut arborer et s’approprier… Une mode bouleversée par Instagram.

Instagram, entre inspiration et danger

Les tendances se créent désormais sur ce réseau, qui est l’un des plus prisés du moment. « J’ai interviewé Anna Dello Russo, qui me disait que l’on était en pleine mutation et que tout change. Je pense que c’est vrai. Il n’y a plus vraiment de mode ».

Instagram prend la place des photographes qui se font doubler par des personnes lambda. Les bureaux de tendances s’écroulent et les rédactrices de mode se font remplacer par les influenceuses. « Il y a eu les blogueuses, qui ont bouleversé les codes en 2004. J’avais écrit un article sur un magazine où j’avais dit qu’elles prendraient la place des journalistes. Je m’étais fait huer à l’époque… et là je le dis, pour moi, Instagram est devenu non plus un réseau social, mais un véritable média ». Une « plate-forme » où l’on peut trouver des marques, des inspirations. « Même moi, sans le savoir je suis devenue influenceuse, car on me demande d’où viennent tous les vêtements que je porte. C’est assez flatteur, mais ça fait du mal à la presse ».

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Pour ce nouvel épisode de Chiffon, je reçois Kenza Sadoun-el Glaoui @kenzasmg J’ai réussi à l’attraper avant son départ définitif pour Los Angeles. Elle m’a reçue chez elle en toute simplicité vétue d’un jean, pull et chaussons ! Kenza est sans conteste la pionnière des blogueuses. En effet, son blog « La revue de Kenza » qui a fêté ses 10 ans cette année, est la référence en la matière. Elle totalise aussi plus de 155 000 abonnés sur Instagram. Je tenais à la rencontrer car j’aime sa fraîcheur et son authenticité dans ce milieu assez controversé des influenceurs. D’ailleurs, elle reconnaît que « les polémiques autour des réseaux sociaux l’agacent un peu ». Et que selon elle, « il faudrait que les parents éduquent leurs enfants pour une bonne utilisation d’Internet ». Autre sujet qui agace mon invitée, « la dictature de la silhouette parfaite ». Sa priorité côté mode « porter ce qu’elle aime que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la vie ». Kenza aime le noir, les boots blanches, les sneakers, les cols roulés. Pour elle, l’élégance est avant tout une attitude. Portrait d’une jeune femme plutôt à l’aise dans ses baskets ! Cet épisode de chiffon est réalisé grâce au soutien de @maison_izel , une boutique en ligne qui vend des objets authentiques : de la vaisselle en bois, de la poterie, de la vannerie, des bijoux, des sacs. Christelle qui est à la tête de cette petite entreprise bretonne aime chiner aux quatre coins de la planète pour vous faire voyager au travers de ces objets du quotidien. A cette occasion, elle vous offre 20 % de réduction sur toute commande passée sur son site https://www.maison-izel.com. Un bon moyen de faire plaisir ou de se faire plaisir en cette période de Noël. Réalisation : @gautiercarbonneaux

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Un réseau plébiscité par les jeunes qui rêvent de faire grandir leur communauté. Prenez des notes, Valérie Tribes nous a livré quelques secrets. « Pour réussir sur Instagram, c’est poster régulièrement au moins une photo par jour. Moi je ne le fais pas, mais il y a des horaires, faire des stories et avoir une véritable identité ». Elle insiste sur cette identité, qui se perd. Pour la journaliste, les « Instagrameuses » se ressemblent toutes et ont toutes les mêmes poses avec les mêmes marques. Un feed sur lequel on navigue sans véritable surprise, devenu monotone et uniformisé. Elle aime les influenceuses qui ont de l’audace, comme Jenny Walton, qu’elle approuve par sa vision des choses et sa légèreté. « C’est comme un magazine, il faut se créer une ligne éditoriale. Moi mon choix depuis le début, je ne mets pas filtres, ni 1000 hashtag. Je n’ai pas de photographe, les photos sont faites par mon copain, ma fille, mes ami(e)s. Mon chien fait aussi monter mon Instagram ». N’allez pas vous acheter un chien pour une meilleure visibilité non plus !

Valérie Tribes, Jenny Walton

L’Influenceuse Jenny Walton ( Crédit photo-Instagram)

Le carnet des tendances par Valérie Tribes

Cette belle rencontre touche à sa fin. Mais je ne laisse pas partir Valérie Tribes sans qu’elle me donne les dernières tendances à adopter… ou pas : « Le cycliste, les robes résilles, les robes en plumetis transparentes, les franges. Tout ce que je déteste donc cet été je serais normal». Les trois pièces indispensables à avoir dans son placard : « Le jean parfait, c’est la conquête de toute une vie. Dans ‘Chiffon’, il y a peu d’invités qui ont trouvé le jean de leur vie. Pour moi trouver le jean de sa vie, c’est comme trouver l’homme de sa vie. Ceux qui me correspondent sont les jeans APC en vrai denim ou en toile japonaise, pas trop serré ». Sans oublier un beau pull en cachemire marine et un t-shirt blanc ou noir un peu « loose ».

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Yep capitaine, en ce mercredi 5 décembre, j’ai 20 ans d’expérience de vie + 27 ans mentalement… faites le calcul ! Pour cette journée particulière (car oui, depuis l’âge de 40 ans, je fête mon anniversaire comme si c’était le dernier), je fais un vœu général. J’espère que cette nouvelle année qui s’ouvre à moi sera douce. Que notre société sera plus juste, remplie d’amour, de paix, de culture, d’égalités, de dialogues, de respect et de vraie bienveillance. Aimons-nous vraiment ! Et comme disait Hugo : « Vous voulez la paix. Créez l’amour ». Tel sera mon mantra pour cette année ! #birthday #sagittarius #47 Merci infiniment pour tous vos messages… ❤️ Love U

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Comme tout le monde, elle a ses marques fétiches, « Pour les jeans APC, les pulls Eric Bompard, qui sont une valeur sûre. Les T-shirt American Vintage. Trois marques qui sont les bases. Sinon je m’habille beaucoup chez & Other stories. J’aime également Leon Harper ». Des marques qu’elle connaît et auxquelles elle reste fidèle. Elle se tourne peu vers les nouveaux créateurs. « Il y en a beaucoup trop en ce moment, même si c’est formidable, on a tendance à vite s’y perdre. En plus, on dit qu’il faut arrêter de créer car la mode pollue… ».

Son coup de cœur du moment vient de l’un des plus anciens et grands créateurs : « une belle paire d’espadrille-mule Gucci ».

Pour écouter ses histoires de Chiffon c’est sur Itunes et Audible.

 


 

Romain Pirot, un influenceur fait sur mesure

 

 

 

 

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