Ronald Guintrange, le mordu de l’information immédiate !

Ronald Guintrange, 22 ans de carrière en tant que journaliste. Présentateur depuis onze ans à l’antenne de BFMTV, il a accepté de nous parler de son parcours et de son amour pour la profession.

Ronald Guintrange, présentateur du 12h-15h sur BFMTV. ( Crédit photo Yann Audic pour BFMTV)

Rendez-vous au Café M rue de Maubeuge à Paris. Il est 15h30. Ronald Guintrange est pile à l’heure. Après une petite commande de boissons et des œufs mayonnaises, nous commençons l’interview…Ronald Guintrange est un grand passionné de l’information. Une passion ancrée en lui depuis tout petit, qui l’a poussé dès ses 5-6 ans à devenir journaliste. Pas d’éléments déclencheurs en particulier, mais il savait que le journalisme était fait pour lui.  «J’adorais la radio, j’écoutais beaucoup RTL, les infos et j’aimais l’histoire. Mais je n’avais pas de raison très formelle  ».

Après un parcours « classique », pour parvenir à son métier tant désiré: des études littéraires, du droit, une classe préparatoire à science po et L’ESJ à Paris, le journaliste débute à la télévision régionale chez 8 Mont Blanc. Lorsque la chaîne fait ses adieux, il décide alors de revenir vers la capitale où il réussit à décrocher un poste chez TV5 en tant que présentateur pendant neuf ans. Les médias évoluent, les informations vont de plus en plus vite. Après la création de LCI en 1994,  une nouvelle chaîne d’information voit le jour en 2005 : BFMTV. Ronald Guintrange, en relation avec cette dernière, en devient l’un des présentateurs un an et demi après sa création.  « J’avais un peu peur, car j’étais assez bien positionné chez TV5. Au début, on entendait que BFMTV, c’était un peu la chaîne low cost, pas de moyens, pas de décors… Mais, je ressentais une super énergie, bien que ça fait toujours peur ». Aujourd’hui, il est l’un des animateurs phares de la chaîne !

Ronald Guintrange : le journaliste de l’immédiat

La télévision et la radio, sont des médias que Ronald Guintrange a toujours aimé par leur immédiateté. « Je savais que je ne voulais pas faire de presse écrite, car, à l’époque, ce que je pensais était vrai, moins aujourd’hui (avec l’émergence du web). Mais j’aime quand les choses vont vite, la radio et la télévision dans mon esprit ça va vite. Pour moi, il fallait que je vois quelque chose et que j’en parle ». Une envie qu’il a su réaliser en devenant présentateur, un métier qui peut sembler différent du journalisme et pourtant… « Je fais un travail de journaliste. Être journaliste, c’est poser des questions rendre compte d’une situation ou d’une rencontre. Pour moi, ce n’est pas une question de télé, d’être devant, derrière, d’avoir un ordinateur, avoir un stylo… Il y a plein de métiers dans le journalisme. C’est ça qui est génial, car ça permet d’aborder plein de sujets et de les exposer différemment avec une multitude de médias ».

Afin de traiter les sujets en tant que présentateur, Ronald Guintrange doit avoir cette capacité à connaître un maximum d’informations. « Tu te réveilles le matin, et plus que pour n’importe quel autre média, et surtout quand tu es à la présentation, tu dois être au courant de tout, réagir sur tout et être capable de parler de tout. C’est ce que j’aime ».

Journaliste : un métier de rebondissements

Face à la caméra, il doit également faire face à deux types d’information, celle qu’il attend et celle qu’il n’attend pas. Lorsque l’actualité est attendue, le présentateur prépare en amont son texte pour être prêt dès que ça tombe. « C’est un mail et une dépêche d’agence que tu prends et que tu balance comme ça. Mais pour ça, il faut de l’expérience, de la réactivité, il faut de la confiance avec les collègues ». Pour ce qui est de l’information « surprise », Ronald Guintrange, doit également anticiper dès qu’il la reçoit et savoir vite rebondir. « Il faut savoir les traiter, tu es payé pour ça. Car pleurer quand il faut pleurer et rire quand il faut rire, tu prends un comédien qui sait lire et puis voilà ».

Des journées bien remplies pour le journaliste, qui commence dès 8h du matin lorsqu’il prépare le journal de 12h-15h. « 8h30 c’est le moment de la conférence de rédaction, là avec toute l’équipe et le rédacteur en chef, on dit ce qui est prévu. Les envoyés spéciaux qui seront présents, quelles sont les informations importantes du jour ».Une conférence de rédaction qui permet aux journalistes de discuter de ce qu’ils veulent mettre en avant durant le journal, pour ensuite pouvoir rédiger le fil conducteur dès 9h. À 10h, l’équipe fait une petite pause beauté, avec les maquilleuses. « Je remonte juste avant et là on fait tout ce qui reste à faire, les dernières infos qui tombent, les interviews que l’on a pas préparées, celles qui viennent de tomber, les infos qui ont bougé… Après on descend à l’antenne ».

 

Journaliste : un métier de plus en plus compliqué

Le journal doit être préparé à la perfection afin de ne pas ennuyer le téléspectateur durant les trois heures d’antenne, avec une information en continu qui ne change pas toutes les quinze minutes. Forcément, on entend un peu toujours la même chose. Mais Ronald Guintrange et sa co-équipière Karine de Ménonville savent comment rendre les informations vivantes et y apporter constamment un petit plus. Quand le moment est bien choisi et le sujet approprié, ils ajoutent une petite pointe d’humour. « Notre boulot c’est de faire vivre l’information. Au moment où tu l’as prends, tu l’expliques, tu as les premières réactions, l’analyse, puis les conséquences. C’est à nous de faire vivre ça. Bien évidemment quand tu es à l’antenne en permanence et que tu dois la traiter tous les quarts d’heure ou toutes les demi-heures, c’est plus compliqué que lorsque tu as un journal de 13h ou de 20h. On essaie que ce soit différent : un sujet, un invité, un duplex… ».

Un métier qui a bien évolué depuis l’arrivée de ces chaînes d’information en continu. Une société qui a changé, les gens sont devenus impatients et veulent désormais tout savoir de manière immédiate. Leurs besoins d’informations peuvent être assouvis grâce à l’émergence de LCI et BFM. « J’en discutais un jour avec Patrick Poivre d’Arvor, qui me disait ‘je vous en veux et en même temps j’adore ça, car je me surprends à regarder une porte fermée en attendant qu’elle s’ouvre’. C’est ça notre boulot, c’est de faire un plan sur une porte et d’attendre ensemble, car derrière cette porte il y a quelque chose qui va se passer. Il faut trouver le juste milieu entre en faire trop et ne pas en faire assez. C’est ça qui a changé, c’est qu’aujourd’hui l’histoire s’écrit en direct que ce soit des histoires dramatiques comme les attentats ou des histoires plus sympas comme la coupe du monde de football ».

Ce métier devient de plus en plus compliqué, car il faut savoir trier les informations justes des fake news. Mais, il faut aussi savoir sélectionner celles que l’on peut communiquer dans l’immédiat, de celles que l’on ne doit pas communiquer avant de commettre l’irréparable. Une constat que fait Ronald Guintrange,  pour lui, les journalistes d’aujourd’hui sont meilleurs que ceux d’hier… « Avant, ils étaient à la solde des gouvernements. Ils ne disaient rien, ils faisaient des interviews consensuelles. Nous aujourd’hui, on fait ce que l’on veut et c’est beaucoup plus difficile. On n’a pas dix heures pour préparer un journal, on est sur le fil du rasoir en permanence et je suis bluffé par la capacité des jeunes journalistes à l’intégrer ».

Les journalistes, tous des mal aimés ?

Le journalisme est une profession qui est souvent critiquée. Des critiques qui ne semblent pas toucher le présentateur. « C’est bien que l’on soit critiqué, car nous sommes critiquables. Personne n’est parfait, aucun métier n’est parfait. Les journalistes font des erreurs, je fais des erreurs, mais tout le monde en fait ». Des railleries, qu’il prend ou qu’il laisse quand elles sont infondées. Mais pour lui, il est essentiel de pouvoir se remettre en question et s’interroger sur les erreurs que les journalistes peuvent commettre. Cela permet d’avancer, de prendre conscience de ce qu’il faut améliorer et de ses limites… « Mais je pense que globalement les journalistes français ne sont pas les plus mauvais. On a une bonne qualité journalistique ».

« Connu et reconnu, mais stars non … «  ( Crédit photo : Yann Audic pour BFMTV)

Le paradoxe de ce métier – qui paraît parfois être détesté – c’est que les journalistes sont parfois vus comme des « stars » ! « Je fais ça pour ça » (rire). Ronald Guintrange a une autre vision de cette starification du journalisme. « Aujourd’hui pour BFMTV, il y a je ne sais pas combien de présentateurs par jour… En plus, ce sont des duos. Donc, je ne parlerais pas de starification. On est connu et reconnu, mais stars non… ».

Les conseils de Ronald Guintrange

Enfin, nous finissons cette agréable interview avec des petits conseils, pour ces jeunes journalistes qui se lancent et qui voudraient un jour pouvoir remplacer Ronald Guintrange sur BFMTV, (quand il aura l’âge de la retraite bien évidemment). Le premier conseil que donne le journaliste, c’est qu’il ne faut pas se mettre en tête que l’on veut être présentateur ou présentatrice. Mais bien apprendre son métier, savoir être curieux … « Il faut aller au bout de ses envies, jusqu’à ce que l’on nous dise non, il faut insister ! C’est ce que j’ai fait, j’ai appelé et à chaque fois mon CV remontait sur la pile, car je montrais que j’en avais envie. Il ne faut jamais hésiter et y aller à fond. Puis, c’est un super métier ». Comme l’a si bien dit le journaliste, à la fin de cette belle rencontre, « C’est le plus beau métier du monde ». L’équipe de PressEyes ne dira pas le contraire !

Mathilde Dandeu

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