Les transgenres, les grands oubliés du territoire américain

Le Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis travaillerait sur une politique fédérale vouée à limiter la définition du genre dans le pays. Un pas en arrière pour les 1,4 million de personnes qui s’identifient en tant que transgenres.

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La nouvelle politique « réfléchie » par l’administration Trump discriminerait tout individu qui s’identifie différemment du sexe qui lui a été accordé à sa naissance, selon des révélations faites par le New York Times le dimanche 21 octobre. Le Département de la Santé et des Services sociaux aurait envoyé un mémo comportant des plans sur une nouvelle définition du genre mandatée par le gouvernement. D’après ses membres, le genre d’une personne devrait être « clair, basé sur la science, objectif et administrable ». « Le sexe listé sur le certificat de naissance, tel qu’il a été initialement délivré, devra constituer la preuve définitive du sexe d’une personne sauf s’il est réfuté par une preuve génétique fiable », comme l’indique le mémo.

Mais, ce type d’action n’est pas nouvelle. Depuis le début du mandat de Donald Trump, l’administration du président américain multiplie les positions contre les transgenres. Selon Teen Vogue, cela fait deux fois qu’elle ignore le mois qui célèbre la communauté LGBTQ+. En juillet 2017, Trump avait même tenté d’écarter les transgenres de l’armée. « Le gouvernement des Etats-Unis n’acceptera ou n’autorisera pas les individus transgenres à servir au sein de l’armée américaine. Nos soldats doivent êtres concentrés sur une victoire décisive et écrasante et ne peuvent pas être freinés par les énormes coûts médicaux et les perturbations que les transgenres engendreraient », écrivait-il sur Twitter.

Une communauté révoltée

Sous la présidence de Barack Obama, l’identité sexuelle d’une personne pouvait être « différente ou identique à celle du sexe indiqué à la naissance ». Alors, dès que les révélations du journal se sont répandues, la colère des transgenres a commencé à résonner à travers le territoire américain, mais aussi à travers les réseaux sociaux. Sur Twitter également, le hashtag « We won’t be erased » (Nous ne serons pas effacés) est apparu dès ce week-end et prend désormais de plus en plus d’ampleur. Il est d’ailleurs souvent suivi de témoignages comme celui de cette jeune fille.

Amnesty International a dénoncé cette nouvelle politique en expliquant que « l’agenda haineux et discriminatoire de l’administration Trump n’efface pas juste les droits des Américains, il envoie un dangereux message au reste du monde où les transgenres sont menacés ». Plus de 2600 meurtres ont été commis envers les transgenres entre 2008 et 2017, dont 325 entre octobre 2016 et septembre 2017.

L’actrice et activiste Laverne Cox a, quant à elle, exprimé son inébranlable volonté : « nous ne devons pas abandonner le combat. Face à cet affront envers mon existence et l’existence de ma communauté, je choisis l’amour et non la peur. Nous existons et nous avons toujours existé. »

Dimanche, plusieurs personnes s’étaient réunies à New York, au Washington Square Park, afin de manifester leur mécontentement. Lundi, elles devaient également se rassembler devant la Maison Blanche, ébranlée par le soutien de certains élus envers les transgenres. Le membre du Congrès Joe Kennedy s’était formellement opposé à cette politique discriminatoire. « Aujourd’hui, nous élevons nos voix contre une administration qui continue de céder à la haine et à l’intolérance, et nous disons à chaque transgenre américain que le reste du pays se tient à leurs côtés », a-t-il écrit sur Twitter le 22 octobre dernier.

Marie Boetti

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