Baptiste Caillaud : la sincérité d’un comédien

Baptiste Caillaud est de retour au théâtre dans « L’Adieu à la scène ». Un homme passionné par son métier, que nous avons eu la chance de rencontrer.

Baptiste Caillaud, la passion de son métier – Crédit photo : Stephane Remael

Rendez-vous à l’hôtel Hoxton pour rencontrer l’acteur Baptiste Caillaud. Un cadre magnifique, pour une interview qui mélange l’art de la scène, du cinéma et de la télévision.

« Les Fourberies de Scapin », à la comédie française, une pièce qui marque Baptiste Caillaud, alors qu’il n’avait que dix ans. L’engouement des acteurs, les applaudissements, émerveillent le petit garçon. « Je me suis dit, ce métier-là doit être extraordinaire et ça été le premier déclic. Pas forcément pour les bonnes raisons, car c’était seulement pour le plaisir de la fin, mais cela m’a donné l’envie de m’y intéresser ». Des parents qui aiment l’art, la culture et qui emmènent souvent leur fils au théâtre. Le deuxième déclic pour Baptiste Caillaud, c’est lorsqu’il découvre l’acteur Laurent Terzieff. Il n’a plus de doutes, lui aussi sera acteur.

Du conservatoire Erik Satie au cours Florent

Il fait ses premiers pas au conservatoire Erik Satie. Rapidement, le jeune homme travaille à l’image. Il poursuit ensuite une formation en classe libre au court Florent Promotion XXVII. Deux lieux qui lui ont chacun apporté des éléments différents, qui lui ont permis de s’enrichir personnellement. « Grâce au conservatoire j’ai pu rencontré un professeur qui était vraiment génial, c’était un ami, un conseiller. La Classe Libre m’a apporté une réelle culture du théâtre que je n’avais pas forcément, en tout cas pas aussi pointue. On travaillait des textes très contemporains, modernes».

Baptiste Caillaud joue aussi bien à la télévision qu’au cinéma ou au théâtre. Trois univers qu’il considère totalement différents. Pour le cinéma ou la télévision, ce qu’il trouve intéressant c’est la découverte du public face au film, sa réaction. « Ce qui est agréable, c’est quand on voit la première fois le film projeté. Ce n’est pas forcément agréable pour les acteurs, mais se rendre compte de la réaction des gens dans la salle par rapport à une image projetée de soi et de ce que l’on peut leur apporter est une expérience passionnante». Pour le théâtre, ce qu’il aime c’est sentir la réaction du public au moment même où il joue. Mais aussi pouvoir approfondir son rôle durant les dates où la pièce est programmée. « J’essaye de trouver des choses différentes dans les intentions, que l’on soit toujours en mouvement ».

S’il aime la télévision et le cinéma, Baptiste Caillaud affectionne beaucoup le théâtre. Pour lui, c’est le fondement de l’acteur. Il ne conçoit pas faire que de l’image. « Par contre je pourrais concevoir de ne faire que du théâtre. Ce n’est pas une préférence, mais j’aime me sentir à la base de mon métier et pour moi la base est là ». Il souligne l’importance d’aller au théâtre. Un lieu qui peut paraître un peu vieillot et qui pourtant s’adresse à tous !

Son métier, sa réussite

S’il aime monter sur les planches, Baptiste Caillaud, est aussi formidable derrière une caméra… La preuve en 2015, il reçoit le prix du meilleur acteur au Los Angeles New Wave International Film Festival et au PAMA à Paris, pour son rôle dans le film de « Au souvenir d’une lune » de Guillaume Caramelle. Un prix qui lui permet de réaliser que ce métier était vraiment fait pour lui. Mais ce dont il est le plus fier, c’est d’avoir pu jouer dans ce film. « C’était le premier film de Guillaume Caramelle, un metteur en scène avec qui j’ai fait par la suite deux films. Il est un ami, un partenaire de route et c’était un rôle dans lequel j’étais dans tous les plans. J’étais déjà fier d’avoir travaillé avec lui, d’avoir donné corps à ce personnage ».

Une belle réussite pour Baptiste Caillaud, qui continue son chemin avec brio.

Racine à l’ère du 21e siècle

Il est en ce moment à l’affiche de la pièce de théâtre « L’Adieu la scène ». La pièce parle du moment où Racine décide d’arrêter d’écrire en pleine gloire, après avoir rédigé « Phèdre », pour devenir historiographe du roi. L’auteur s’est posé la question du « pourquoi ? » Pourquoi cet auteur de génie s’arrête au sommet de sa gloire, qu’est-ce qui l’a poussé à cet abandon. On retrouve La Fontaine, qui était son cousin, qui vient lui poser des questions : il lui demande des comptes, il ne comprend pas comment on peut d’un trait, après quinze ans de succès, d’écriture, de passion, de théâtre, tout arrêter. Un dialogue alors s’installe entre les deux personnages. Une pièce qui révèle des questionnements que les jeunes auteurs ou artistes d’aujourd’hui peuvent également avoir. Si « L’Adieu à la scène », reprend des personnages du 17e, elle n’a rien de barbant, pas de costumes en velours, pas de gestuelles propres aux personnages, pas de perruques. La pièce se veut moderne avec des comédiens qui tentent de comprendre le personnage sans le statufier. « Je ne suis pas Racine et je ne serai jamais Racine, il fallait juste que j’apporte mon idée de ce que pouvait être ce personnage ». Pour cela, Baptiste Caillaud s’est donc remémoré toutes les pièces de Racine et lu des biographies, dont celle de Roland Barthes. « Il a une vision de Racine extraordinaire. Je me suis inspiré des visions, des idées qu’avait pu avoir les personnes qui avaient écrit sur lui, pour entrevoir le personnage et après me faire ma propre idée et essayer de la transmettre à travers ce rôle, mais on a pas cherché du tout un mimétisme ». Un rôle que Baptiste Caillaud a accepté sans se poser de questions. Pour lui, c’est une pièce magnifique, avec une rhétorique remarquable. « C’est tout ce que j’aime c’est du texte, des idées, ça défend l’art, ça défend la passion, ça défend tout ce qui me tient à cœur ».

 Plus qu’un métier, une passion

Racine passionné de théâtre et qui pourtant décide de tout arrêter pour se mettre au service du roi. Nous avons donc posé la question à Baptiste Caillaud, si comme son personnage, il serait capable de mettre un terme à son métier. Si l’acteur a eu du mal à répondre, car on ne sait jamais de quoi sont faits les lendemains, il a quand même opté pour le non. « J’ai envie de dire non, car pour moi c’est au-delà de ce qui me fait vivre de manière financière. C’est quelque chose qui me nourrit dans ma vie de tous les jours, ce n’est pas mon métier, c’est ma passion et sans cette passion je me vois mal vivre tout simplement. »

Un féru du jeu d’acteur, qui cherche à toucher son public par sa sincérité, pour leur procurer le plus d’émotions possible. « Je ne cherche pas à faire quelque chose pour le public. Je cherche à être sincère avec moi-même, car si on est sincère vis-à-vis de nous-mêmes on touche forcément les gens »…

Mathilde Dandeu

Plus d’informations

Baptiste Caillaud, sera au festival d’Avignon tout le long du mois de juillet.

Vous le retrouverez prochainement dans la saison 2 de Munch sur TF1.

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