Culture

La photographie pour dénoncer le harcèlement de rue

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En France, 25% des femmes âgées de 18 à 29 ans ont peur de la rue, selon le secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Un sentiment d’insécurité qu’une photographe a voulu exprimer à travers son art.

Capture Instagram @coeur_de_reine

« Charmante », « pute », « magnifique », « salope », « sexy ». Voici les mots qu’associe une jeune photographe avec des objets, comme un ticket de métro ou de caisse. Un mélange artistique qui exprime le harcèlement de rue qu’elle subit au quotidien.

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Charmante pute magnifique salope sexy est un projet mêlant photographie et graffiti qui parle de mon rapport à mon quartier. Je voulais élever la voix sur mon quotidien de femme depuis un an, à savoir, me faire suivre, insulter, aborder, regarder, déranger continuellement dès lors que je passe la porte de mon appartement. Mon quartier, j'y passe avant tout du temps pour effectuer des tâches banales : m'acheter à manger, faire mes courses, laver mon linge, me rendre à la gare, aller à la Poste. Mais peut importe ce que j'y fasse, la charmante pute magnifique salope sexy c'est moi aux yeux de la rue. Ces associations de mots et d'objets expriment la violence et le sentiment d'absurdité que je ressens face au harcèlement de rue, la sexualisation de nos corps au quotidien.

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Comme l’explique Clémence Leclerc sur son compte Instagram, c’est un projet « mêlant photographie et graffiti qui parle de (son) rapport à (son) quartier ». « Je voulais élever la voix sur mon quotidien de femme depuis un an », écrit-elle en-dessous de chaque image. Elle explique être insultée, abordée, regardée et dérangée tous les jours au sein de l’espace public. « Ces associations de mots et d’objets expriment la violence et le sentiment d’absurdité que je ressens face au harcèlement de rue, la sexualisation de nos corps au quotidien », ajoute-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que cette femme d’une vingtaine d’années s’attaque aux violences sexuelles et sexistes. Le 24 novembre, elle participe à la marche lancée par le collectif #NousToutes. Elle défile fièrement avec une pancarte sur laquelle elle a inscrit « Mon appareil génital pas ton cobaye ».

Elle souhaite, plus généralement, déconstruire les barrières instaurées par la société. Ainsi, elle prône le mouvement « body positive », pour tous les sexes confondus. Un sujet qu’elle aborde notamment sur son blog : « Il vise à éloigner tous les diktats de beauté, représentant ainsi des physiques peu représentés dans les médias comme les corps non-minces, non-valides, non-blancs… »

Elle possède même un projet qui consiste à évoquer les manières de percevoir le corps féminin à travers des couleurs et des mots tels que « séduction », « affirmation », « complexe », « désintérêt ». Elle y explore la diversité des « territoires corporels ».

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